Les prochains pas des zapatistes

Textes publiés entre décembre 2012 et mars 2013 par l’EZLN
vendredi 5 avril 2013

Le 21 décembre, les zapatistes, qui poursuivent en toute discrétion leur lutte pour l’autonomie, la démocratie, la liberté et la justice, se sont à nouveau manifestés aux yeux du monde. En ce jour de la soi-disant « fin du monde », 40 000 zapatistes (indigènes mayas), des 5 régions autonomes (La Realidad, Oventik, Morelia, La Garrucha et Roberto Barrios) ont défilé en silence absolu dans 5 des principales villes du Chiapas (Altamirano, Comitan, Ocosingo, San Cristobal de las Casas, Palenque). Après les passe-montagnes pour être reconnus, le silence pour être entendu... Le message, publié sous forme de communiqué était clair :

« VOUS AVEZ ENTENDU ?

C’est le bruit de votre monde qui s’écroule.

C’est celui du nôtre qui resurgit.

Le jour où le jour fut, c’était la nuit.

Et ce sera la nuit le jour où ce sera le jour.

DÉMOCRATIE !

LIBERTÉ !

JUSTICE ! »

Dans chaque ville, les zapatistes ont défilé en passant tou-tes sur une estrade aménagée à l’arrière d’une camionnette. Un autre message : pas de tribune réservée à certain-es, pas de leader, tou-tes les zapatistes décident de leur destin.

Le 30 décembre, par un second communiqué, les zapatistes annoncent leurs prochains pas : ils souhaitent réactiver leur réseau national et international dans le cadre de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone.

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Communiqué de l’EZLN du 30 décembre 2012

Ce réseau et es objectifs sont définis dans une série de textes qui sont parus en janvier 2013 : « ELLOS Y NOSTROS » (« EUX ET NOUS ») en 5 chapitres (et un PS, spécialité de Marcos qui signe ces textes pour l’EZLN) :

I.- Les (dé)raisons d’en haut.

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Eux et Nous I - Les (dé)raisons d’en haut

II.- La Machine en presque deux feuillets.

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EUx et Nous II - La Machine en presque 2 feuillets

III.- Les Contremaîtres

sur les rouages du pouvoir, l’exploitation, le système politique et capitaliste.

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EUx et Nous III - Les contremaîtres

IV.- Les douleurs d’en bas

 sur les exploité-es, les différent-es, leurs luttes et leurs résistances

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EUx et Nous IV - Les douleurs d’en-bas

V. La Sexta

 Le Cinquième chapitre n’a pas été intégralement rendu public : le communiqué du 30 décembre laissait entendre que les zapatistes allaient mettre en place un réseau plus restreint avec des collectifs et des personnes de confiance. D’ailleurs, ce cinquième chapitre rappelle le les raisons pour lesquelles certain-es ne font plus partie de leur réseau de confiance.

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Eux et Nous V - La Sexta

Ps à la Sexta

rappel de l’importance politique de la Sexta et confirme des rencontre au mois d’août 2013.

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Eux et Nous V - PS à la Sexta

VI. Les regards

Sur les échanges et la communication. Le dernier texte du Sous-commandant Moïses explique les objectifs des rencontres de l’été 2013 et l’importance de l’internationalisme.

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Eux et Nous VI - Les regards

VII. Les plus petit-es

Extrait de brochures dans lesquels les zapatistes s’expriment sur les thèmes « apprendre à gouverne » et l’autonomie, des femmes, le pognon (et la question des salaires), la résisitance autonome et les doutes, les ombres et un résumé.

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Eux et Nous VII - Les plus petit-es

Dates et autres choses pour la petite école zapatiste : communiqué qui explique les modalités de l’invitation du 12 au 18 août 2013 en territoire zapatiste.

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Dates et autres choses pour la petite école zapatiste

Les textes étaient accompagnés de vidéos, toutes en ligne sur le site : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/

Ces textes sont destinés à nous interpeller, tout comme l’était la « Sexta ».

Bonne lecture !

Rappel : la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone

En 2005, 20 ans après la naissance de l’EZLN, et 10 ans après le soulèvement en armes, les zapatistes ont appelé largement à signer leur Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone. Ce texte présente leur analyse de la situation actuelle : « nous disons que la globalisation néolibérale est une guerre de conquête du monde, une guerre mondiale, une guerre que fait le capitalisme pour dominer mondialement. (…) le capitalisme de la globalisation néolibérale se fonde sur l’exploitation, le pillage, le mépris et la répression contre ceux qui ne se laissent pas faire. C’est-à-dire comme avant, mais maintenant globalisé, mondial. »
« Mais ce n’est pas si facile pour la globalisation néolibérale, parce que les exploités de chaque pays ne se laissent pas faire et ne se résignent pas, mais se rebellent ; (…) comme il y a une globalisation néolibérale, il y a une globalisation de la rébellion. (…) nous voyons que dans notre pays, il y a beaucoup de gens qui ne se laissent pas faire, qui ne se rendent pas, qui ne se vendent pas. Autrement dit, des gens dignes. »

Il s’agit d’une déclaration qui s’adresse aussi à nous, syndicats de transformation sociale. Cette déclaration affirme notamment : « Dans le monde, nous allons davantage fraterniser avec les luttes de résistance contre le néolibéralisme et pour l’humanité. Et nous allons soutenir, bien que ce soit peu de chose, ces luttes. Et nous allons, dans le respect mutuel, échanger nos expériences, histoires, idées, rêves. Nous avançons vers la démocratie, la liberté et la justice pour ceux à qui elles sont niées. Nous avançons avec une autre politique, pour un programme de gauche et pour une nouvelle constitution. »

L’appel de cette Déclaration résonne ici et là-bas et doit nous interpeller : « Nous demandons aux hommes et aux femmes qui ont une bonne pensée dans leur cœur, qui sont d’accord avec notre parole et qui n’ont pas peur, ou qui ont peur mais qui se contrôlent, qu’ils déclarent publiquement s’ils sont d’accord avec cette idée que nous déclarons et nous allons ainsi voir tout de suite avec qui et comment et où et quand va se faire ce nouveau pas dans la lutte. »

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