Contre les LGBTphobies, agissez M. le ministre !

Communiqué du collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire
vendredi 16 mars 2018

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Le Collectif éducation contre les LGBTphobies a été reçu en audience par le Ministre de l’Éducation Nationale le 12 mars dernier. Lors de cette audience nous avons porté nos revendications d’une éducation à l’égalité réellement inclusive, dès le plus jeune âge, passant par la lutte contre toutes les discriminations, par une éducation à la vie affective et sexuelle non hétérocentrée et allant au-delà des actions de prévention sanitaire, par la promotion de la culture de l’égalité, pour déconstruire la hiérarchie des sexes et des sexualités et par la formation de tous les personnels. Nous avons notamment insisté sur la relance de la campagne « L’homophobie n’a pas sa place à l’école ».

Le ministre s’est dit conscient des enjeux et a pris quelques engagements : le renouvellement de la campagne cette année avec un temps fort autour de la journée du 17 mai et la réactivation du groupe de travail sur les LGBTphobies à la DGESCO. Il affirme aussi que le ministère aura une attention particulière sur les questions de l’éducation à la sexualité, et sur la formation des enseignant-es.

Ces engagements devront être concrétisés, notamment sur la formation des personnels. Les carences de l’institution sont lourdes de conséquences sur le soutien et l’accompagnement des élèves LGBT ou en questionnement : faute de personnels formés et d’une institution volontariste, ces jeunes sont délaissé-es et abandonné-es dans des situations parfois très difficiles.

Le Collectif n’a pas obtenu d’engagement sur l’école primaire : les attaques réactionnaires contre les ABCD de l’égalité continuent de produire leurs effets négatifs sur le ministère. Cette absence de volontarisme pour l’école primaire est plus qu’alarmante, alors même que le contexte de prise de conscience des violences faites aux femmes place avec force ces questions dans l’actualité, ce qu’avait notamment exprimé à l’automne le Défenseur des Droits en prônant une éducation à l’égalité et à la sexualité, dès le plus jeune âge.

Enfin la volonté ministérielle de sélectionner les sujets légitimes qui peuvent entrer à l’école ou non (la PMA), y compris via l’EMC, ne peut que nous inquiéter, alors que la formation à l’esprit critique fait partie des missions fondamentales de l’école.

Le Collectif éducation contre les LGBTphobies veut voir une note positive dans la relance de la campagne dans le second degré et les quelques engagements pris.
Mais il réaffirme que les LGBTphobies ne pourront reculer que grâce à une politique volontariste, sur le long terme. Une campagne et quelques actions autour du 17 mai, si elles sont nécessaires, sont loin d’être suffisantes. C’est bien en s’attaquant en profondeur au système de genre et aux stéréotypes qui lui sont associés qu’on pourra faire reculer les violences et discriminations sexistes et LGBTphobes.

Le Collectif attend des actes, alors que ce sujet est au point mort depuis la nomination du ministre. Il saura se montrer particulièrement vigilant et exigeant sur leur mise en œuvre. 10 mois d’inactions suffisent ! Le Collectif envisage maintenant d’interpeler les différents échelons de l’institution.