Deux lycées en grève contre l’autoritarisme d’un proviseur


Publié le mardi 19 avril 2005 sur http://sudeducation.org/Deux-lycees-en-greve-contre-l.html

Depuis la rentrée de septembre, la cité scolaire de Rezé (Loire-Atlantique), qui regroupe un lycée général et technologique et un lycée professionnel,
a un nouveau chef d’établissement. Les méthodes de « management » de M. Marc Genet ont tout de suite fait monter la colère chez les personnels.

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Ceux-ci ont réagi collectivement. Dans un texte, les Assemblées générales des enseignants et Atoss des deux établissements lui ont notamment reproché :
- "l’impossibilité pour les personnels d’assurer normalement
et sereinement leurs missions (manque de respect aux personnes dans l’exercice de leurs fonctions, appel à la délation, manœuvres d’intimidation) ;
- de graves dysfonctionnements dans la gestion des deux lycées (non-respect de l’attribution de chacun, pas d’anticipation ni d’accompagnement des projets, absence de communication au sein des établissements) ;
- le fonctionnement abusif et illégal d’un système de vidéo-surveillance dans l’établissement. "

A deux reprises, une délégation des personnels à rencontré le recteur pour l’informer que cette situation compromettait le bon fonctionnement des deux lycées, et lui a rappelé les faits suivants : mardi 8 mars 2005, les élus au Conseil d’administration du lycée Jean Perrin se sont retirés pour protester contre les méthodes de « management » du proviseur. Pour les mêmes raisons, vendredi 11 mars 2005, les élus au Conseil d’administration du lycée Louis-Jacques Goussier ont également quitté la séance. Finalement, pour être entendus, les personnels ont eu recours à la grève. Celle-ci a été massive les 15 et 16 mars : 96% des enseignants du lycée, 100 % pour ceux du LP et 75% des agents.

Le 17 la grève a été suspendue. Mais, dans la matinée, les pratiques du chef d’établissement ont provoqué une nouvelle AG qui a décidé la grève immédiate. Le 18 au matin, il a été annoncé aux personnels que M. Marc Genet était en congé pour une durée indéterminée. Le recteur a nommé son adjointe en remplacement.

Ce chef d’établissement, nommé sur un gros lycée de la région nantaise, n’en était pas à son premier conflit avec les personnels. Il y a cinq ans, à Melun, cela s’était déjà produit au lycée Jacques Amiot. Là aussi les personnels avaient fait grève. A Lanester (Morbihan), où il était proviseur de 2001 à 2004, ses métho-des avaient également été critiquées et les élèves avaient débrayé.

C’est donc la détermination unitaire des personnels, et la solidarité entre les différentes catégories, qui a permis la suspension de M. Genet. La logique ministérielle, qui veut faire des chefs d’établissements des « chefs d’entreprise », est sûrement pour quelque chose dans ces cas, de plus en plus fréquents, de proviseurs et de principaux qui pensent devoir « diriger » autoritairement leur établissement.

Sud éducation Loire-Atlantique