Appel aux organisations syndicales, sociétés savantes, associations professionnelles, collectifs militants de la communauté universitaire pour l’organisation d’une Coordination Nationale des Établissements Universitaires


La Fédération des syndicats Sud Éducation est signataire de l’appel aux organisations syndicales, sociétés savantes, associations professionnelles, collectifs militants de la communauté universitaire pour l’organisation d’une Coordination Nationale des Établissements Universitaires.

Appel aux organisations syndicales, sociétés savantes, associations professionnelles, collectifs militants de la communauté universitaire
pour l’organisation d’une COORDINATION NATIONALE DES ÉTABLISSEMENTS UNIVERSITAIRES

19 ou 21 ou 22 mai 2012

Ne pas trahir 2009 : libérer l’université, reconstruire un service public universitaire pour tous !

Enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs, bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, personnels sociaux et de santé, étudiants, mobilisés en 2009 pour la défense des libertés universitaires et la qualité du service public universitaire gratuit et accessible à tous...

Nous constatons que l’autonomie pédagogique et scientifique des universités est bafouée depuis cinq ans par le désengagement financier de l’État rendant les établissements de plus en plus dépendants de fonds externes ou privés ainsi que par la surabondance des procédures opaques d’évaluation qui favorisent les manipulations clientélistes et idéologiques. Nous exigeons, dans l’intérêt de la culture démocratique et de la qualité du service public, que l’université soit libérée de ces assujettissements et que les libertés universitaires soient constitutionnalisées.

Nous constatons qu’en affranchissant l’État de l’obligation d’un financement récurrent et pérenne des universités, la loi LRU et l’accession aux RCE provoquent un effondrement féodal du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Bien loin d’améliorer sa qualité cela aboutit, sous couvert d’évaluation et d’excellence, à l’abandon d’établissements, à la suppression d’unités de formation, de diplômes, de services et de centres de recherches, et à l’étouffement de la liberté de recherche, essentielle à l’enseignement universitaire. Nous exigeons la fin des systèmes de financements sur projets et des systèmes d’évaluations qui concentrent les moyens financiers entre quelques établissements.

Ces politiques élitistes et discriminatoires vont considérablement réduire l’accessibilité des études universitaires pour beaucoup de familles et dans de très nombreuses localités, tout en augmentant les situations cruciales de pauvreté dans la population étudiante. Nous exigeons la reconstruction d’un service public d’enseignement supérieur et de recherche répondant à l’exigence sociale de culture et de science du pays, et en particulier de sa jeunesse.

Nous exigeons :
1) L’abrogation de la LRU et du Pacte pour la Recherche en relation avec l’élaboration d’une nouvelle loi rétablissant l’unité du service public d’enseignement supérieur et de recherche, instituant un véritable équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans le respect du Statut Général de la Fonction publique, et dans le cadre d’une gestion nationale des personnels.

2) La défense du cadre commun d’activité et des emplois statutaires en tous lieux du territoire. Cela implique la fin des financements sur appels d’offre, la fin de la politique de « l’excellence » comme système de sélection et d’exclusion (Idex, Equipex...), la fin de la mise en concurrence des établissements, des services et des personnels, la fin du processus de concentration des universités (fusions et rapprochements forcés) et de leur pilotage par des superstructures sur lesquelles ne peut s’exercer aucun contrôle démocratique (PRES, Projets IDEX, etc.).

3) L’abrogation du Décret n° 2009-460 du 23 avril 2009 réformant le statut des enseignants-chercheurs et l’abrogation du Décret n° 2002-682 du 29 avril 2002 relatif aux conditions générales d’évaluation, de notation et d’avancement des fonctionnaires de l’État, qui instituent une machinerie évaluative inutile, opaque, clientéliste dont les seules finalités sont de produire des justifications aux restrictions budgétaires et fermetures de services, dont sont victimes des parties croissantes du pays et de sa population.

4) La suppression des instruments de main mise politique et néo-managériale sur le système universitaire notamment l’ANR et l’AERES qui portent atteinte aux libertés universitaires et à la recherche, la CPU qui n’a pas à s’ériger en lobby patronal du monde universitaire et la CP-CNU qui doit être redéfinie dans une réforme globale du CNU.

Nous appelons les organisations syndicales des personnels, sociétés savantes, associations professionnelles, collectifs militants de la communauté universitaire et organisations étudiantes à soutenir cet appel et à organiser entre le 7 et le 20 mai, dans tous les établissements universitaires des réunions afin de rédiger des plateformes de revendications précises pour la reconstruction d’un Service public d’enseignement supérieur et de recherche d’une part et de désigner des délégués à une coordination nationale des établissements universitaires qui aura lieu le 19 ou le 21 ou le 22 mai 2012 d’autre part. Le texte du présent appel vise à impulser la démarche mais ne contraint pas les collectifs locaux ainsi réunis qui fixeront librement leurs choix de sujets et d’orientations.
Cette rencontre aura pour but de réunir ces plateformes revendicatives élaborées localement, d’en faire la synthèse sous forme de motions et ainsi de faire entendre, dans cette conjoncture cruciale, la voix des libertés universitaires, de l’indépendance des personnels de la Fonction publique et de l’égalité d’accès au Service public d’enseignement supérieur et de recherche pour tous les citoyens quelle que soit leur origine sociale et géographique.

L’appel peut être signé en ligne :

http://www.cnu.lautre.net/spip.php?article1