Vents violents sur l’école, gel des salaires : le climat se dégrade !

lundi 7 janvier 2008
mis à jour vendredi 7 mars 2008

“Il n’est pas pensable de perdre de l’argent à servir l’Etat ”

Déclaration du ministre du Budget, Eric Woerth.

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En guise de cadeau de fin d’année, Eric Woerth a annonçé son intention de rattrapper nos 6% de pouvoir d’achat perdus depuis 2001. La mesure serait bienvenue si elle n’était pas limitée à 24% des fonctionnaires seulement. Tous les autres n’auront pas un euro de plus puisque la progression à l’ancienneté suffit à compenser l’inflation, et compenser l’inflation suffit aux travailleurs privilégiés de la Fonction publique ! C’est avec une potion aussi amère que le gouvernement espère nous faire avaler son gigantesque plan social : la suppression de 150000 agents d’ici la fin de la législature, principalement dans l’Education nationale. Présenté abusivement comme un moyen d’augmenter nos salaires, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux prépare des lendemains qui déchantent.

Car nous ne gagnerons pas plus en étant moins nombreux, mais nous travaillerons certainement plus et moins bien.

Toutes les réformes envisagées rue de Grenelle le prouvent : suppression de la carte scolaire, publication des résultats des établissements sur internet, contrôle renforcé des élèves et des enseignants par l’informatisation des données, évaluation des professeurs des écoles par le biais de l’inspection des élèves, renforcement du poids de la note administrative par rapport à la note pédagogique, suppression d’un an de formation pour les élèves de l’enseignement professionnel, intégration d’une partie de l’enseignement technologique à l’enseignement pro, contournement du droit de grève, privatisation des universités par la loi LRU, recrutements sous contrats de droit privé, menaces sur certaines disciplines trop « critiques » comme les SES ou orientation des élèves confiée aux professeurs d’histoire-géographie (auditions de la commission Rocard-Pochard)… Une prolifération de projets qui contribuent, entre autre, à la réduction du nombre de fonctionnaires exigée par Bruxelles.

Cette Europe antisociale a pourtant été refusée par 54% des français. Et elle le serait encore si M. Sarkozy ne s’abritait pas derrière son élection pour faire ratifier, en catimini, son Traité bis par voie parlementaire. Un président qui passe outre le verdict des urnes peut-il encore se prévaloir de sa légitimité électorale pour faire taire toute opposition à ses réformes ? A l’université, les étudiants ont déjà montré leur refus de se laisser intimider. A la Sncf, la Poste, Edf-Gdf ou France Telecom, les salariés sont aussi mal disposés à se laisser mettre sur la paille par quelques affairistes à paillettes. Leurs directions syndicales seront bien forcées de les suivre.

Le mouvement social de cet automne n’était qu’un premier acte ; le second n’attendra pas le printemps. Sud éducation appelle les personnels à y prendre toute leur part et à construire, établissement par établissement, une mobilisation unitaire, durable et déterminée.

Les services publics sont trop importants pour que leur avenir soit décidé sans ceux qui y travaillent !

à Saint Denis, le 21 décembre 2007