Une méthode inacceptable !

lundi 7 janvier 2008
mis à jour vendredi 7 mars 2008

Sud éducation dénonce le Protocole de « discussion » entre le Ministère
et trois organisations syndicales de l’Éducation nationale.

Dans sa logique de « management » des conflits sociaux et d’instrumentalisation des directions syndicales, le gouvernement tente de maquiller ses passages en force par un simulacre procédural de concertation. Le schéma est similaire à celui appliqué pour la réforme des régimes spéciaux et des Universités : lier les organisations syndicales par la signature d’un protocole de discussion sans préalable mais s’inscrivant dans un processus d’acceptation de fait du fond de la réforme dont il ne reste plus qu’à décliner/atténuer les modalités d’application.

En focalisant notre attention sur l’utilisation des 2 heures libérées,
Darcos nous prépare un sombre horizon pour l’École.

…Ne pas tomber dans les pièges manœuvriers de Darcos-Sarkozy !

Pour cela, le Ministère intègre quelques mesures consensuelles dans un ensemble dont la logique reste inacceptable. Il divise les organisations entre elles et joue les directions syndicales contre la base des personnels.

Tablant sur le délai très court du temps de discussion (un mois !), et l’application dans la foulée de nouvelles mesures réglementaires, il prévient tout retour et contestation éventuelle de ces propositions « négociées » vers la base.

C’est ainsi que le protocole en vue de travailler à l’utilisation des heures libérées par la suppression du samedi matin entérine de fait le principe de leur utilisation pour le soutien aux élèves en difficulté. Il consacre de fait le principe d’une discrimination négative vis-à-vis de ces derniers.

Sud éducation ne saurait cautionner une telle démarche syndicale

Ce protocole précède tactiquement la publication du document d’orientation du Ministère « pour définir un nouvel horizon pour l’école primaire », au moment même où sont annoncées des réductions massives de postes aux concours des enseignants des écoles [1].

Contre la logique du « Oui, mais... » qui consiste depuis des années à céder aux sirènes des appels à négocier le moindre mal, Sud Éducation refuse l’acceptation de nouveaux reculs et oppose l’unité des personnels et des organisations à la base pour la détermination d’objectifs de mobilisation unitaire.

JPEG - 53 ko


Diviser par trois l’échec scolaire ou les postes ?

Le protocole de discussion orchestré par Darcos s’appuie sur un document d’orientation résumant ses « propositions » en vue de définir un nouvel horizon pour l’école primaire.

Un projet d’orientation pour l’École qui porte sur :

Une redéfinition à minima des objectifs de l’École fondés sur le socle commun et la discrimination négative.
- en s’appuyant sur les 15% d’élèves qui quitteraient l’école primaire en situation d’échec lourd, l’objectif étant de diviser ce nombre par 3 (?), en se calant sur la durée de la présente mandature. Quid du tiers restant ?
- en présentant la suppression
du redoublement comme l’unique réponse pour l’obtention d’un règlement « statistique » de l’échec scolaire.
- en décrétant que la réussite ne doit plus être la conséquence des inégalités sociales tout en menant une politique sociale des plus injustes et inégalitaires.
- en réduisant la mission de l’école à la transmission et non plus la construction de savoirs.

Des programmes et des horaires recentrés sur des objectifs clarifiés… a mi-nima… consacrant le socle commun.
Il est toutefois plus que temps que des outils ministériels pour les apprentissages et les progressions soient mis à disposition des enseignants bien souvent tributaires de la surenchère des contenus pratiquée par le secteur de l’édition privée.

La construction d’outils fiables pour l’évaluation régulière des acquis des élèves.
Le postulat de départ repose sur l’idée que la difficulté scolaire tient uniquement à un défaut de transmission dans les apprentissages : l’enseignant, seul, a des comptes à rendre.
Exit les Rased et les aides spécialisées. La publicité des évaluations nationales est la porte ouverte à la mise en concurrence des écoles dans le cadre de la suppression de la carte scolaire...

L’évaluation renforcée des professeurs des écoles.
L’enseignant est rendu personnellement responsable de l’échec. D’où un renforcement des contrôles hiérarchiques et une individualisation des déroulements de carrière.
La mesure exclusivement quantitative des progrès des élèves niant l’aspect qualitatif et relatif de l’acte pédagogique. Les formations continue et initiale sont appelées à être réduites, dans ce cadre, à une formation sanction.

Un temps de travail adapté à chaque élève en difficulté en sus du tronc commun, ou l’instauration d’une discrimination négative optionnelle puisque dépendante de l’accord des parents.

C’est de fait :
- la consécration de la disparition des Rased comme éléments de remédiation.
- la remise en cause des congés des enseignants par la mise en place d’une aide spécifique avant l’entrée en 6ème sur les vacances scolaires.
- l’application du principe : travailler plus pour gagner plus pour les enseignants volontaires
- un nouveau pas vers l’augmentation et l’annualisation du temps de travail...

Le renouvellement et la clarification des missions de l’école maternelle.

L’école maternelle fait l’objet de sollicitations totalement contradictoires sans que pour autant l’amélioration les conditions d’accueil des plus jeunes (conditions matérielles, effectifs, encadrements) ne soient prises en compte.


Sud éducation constate :

- que la charge de travail et les demandes pesant sur les enseignants des écoles n’ont cessé de s’alourdir, entraînant une véritable dégradation des conditions d’exercice d’un métier fortement dévalorisé.

- que le temps de travail des enseignants des écoles comporte des obligations (réunions avec les parents, concertations diverses…) qui se rajoutent aux obligations de services réglementaires.

- que les enseignants du premier degré ont déjà le temps de présence-élèves le plus élevé de l’Éducation nationale.

- que l’utilisation des 2 heures du samedi, hors les 24h présence-élèves, générerait de facto de nouveaux besoins de concertation et une nouvelle augmentation de la charge horaire.

Sud éducation revendique :

- la réduction de la charge de travail et une redéfinition du temps de service des Professeurs des écoles qui intègrent les temps de concertation nécessaires mais aussi l’ensemble des obligations et charges actuellement effectuées et non prises en compte.

- le passage effectif à 24 h de service en présence des enfants + 1 heure de concertation pour tous les enseignants du Primaire dès la rentrée 2008.

- l’intégration dans ce cadre du soutien aux élèves en difficulté par :

  • la réduction des effectifs par classe,
  • le renforcement des capacités d’intervention des Rased,
  • l’arrêt des suppressions de postes et la mise à disposition de maîtres supplémentaires dans les écoles,

- une réflexion en profondeur sur le temps de service des enseignants, les contenus, les programmes et le fonctionnement de l’École,

- une revalorisation générale significative des salaires et des carrières.


[1Concours de recrutement 2008 : Xavier Darcos a annoncé 18.000 places aux concours de l’éducation en 2008 au lieu des 22.000 offertes l’an dernier. Dans le premier degré il annonce la diminution de 670 postes de stagiaires. Cumulés au recrutement massif de listes complémentaires, c’est la réduction d’au moins 1000 postes aux concours pour les écoles... C’est sûrement de cette façon que Darcos le démago compte mettre plus de maîtres que de classes dans les écoles… Ne soyons pas dupes !

Navigation

Mots-clés de l'article