Un syndicalisme interprofessionnel en construction

3e Congrès de l’Union syndicale SOLIDAIRES
jeudi 10 février 2005
mis à jour mardi 19 avril 2005

À Bobigny, 400 délégué(e)s représentaient, du 7 au 8 décembre 2004, les 80000 adhérents des 38 syndicats et fédérations de l’Union ainsi que les unions locales de SOLIDAIRES. Ces dernières se développent davantage depuis le printemps 2003. Sur ces 400 délégué(e)s, 60% relevaient du droit public et 40% du droit privé ce qui confirme l’implantation croissante des syndicats Sud dans les entreprises privées malgré les entraves patronales et les procès en représentativité engagés par la plupart des autres organisations syndicales. Un quart de ces délégué(e)s ont adhéré à un syndicat de l’Union SOLIDAIRES entre 2002 et 2004. Parmi ces 400 délégués(e)s dont l’âge moyen était de 46 ans et demi (la délégation Sud éducation était bien plus jeune), des niveaux d’investissement et de responsabilité fort différents dans le syndicalisme ce qui constitue un brassage fort intéressant. Dans ce congrès qui n’a pas retenu la proposition de Sud éducation [1] de limiter à 9 ans (3 fois 3 ans) la participation au secrétariat national, 56% des délégué(e)s ont une décharge syndicale inférieure ou égale à un mi-temps, 14% n’ont aucune décharge syndicale et 21% sont permanents.

En plénière et dans les différentes commissions, les grèves de 2003 et les conflits sociaux qui ont suivi (assurance maladie, France Télécom, EDF-GDF, Code du travail...) ont largement été évoqués. Des bilans ont pu être approfondis, ils nous ont permis d’avancer dans notre caractérisation des forces (ou des faiblesses) syndicales actuelles et plus particulièrement de la CGT dans une période de régression sociale ouverte par l’échec revendicatif du printemps 2003.
La question européenne a été appréhendée surtout à travers le positionnement très critique de SOLIDAIRES à l’égard du projet de traité constitutionnel européen. Chacun s’est accordé pour que la critique du traité de Giscard
d’Estaing soit sans ambiguïté tant les reculs sociaux constituent l’alpha et l’oméga de ce texte libéral.
La liberté de circulation et d’installation est maintenant actée comme une revendication de l’ensemble de l’Union syndicale SOLIDAIRES.

Avec d’autres, les délégué(e)s de Sud éducation ont insisté sur la nécessité de construire au niveau local et national un véritable outil interprofessionnel de lutte. Là est bien l’enjeu pour les mois et les années qui viennent. SOLIDAIRES doit devenir un instrument de globalisation des luttes. Nous avons tenté d’illustrer ce propos en appelant à la mobilisation interprofessionnelle en défense de l’école publique, nouvelle cible de la politique de régression sociale des Raffarin-Fillon, parce que la défense de l’école laïque ne saurait être le fait des seuls syndicalistes de
l’Education nationale. Là comme ailleurs, c’est bien le soutien interprofessionnel réel qui peut redonner confiance aux salariés pour s’engager dans les luttes nécessaires dans leur secteur. En ce sens, Sud éducation a soutenu que les groupes locaux de SOLIDAIRES devaient tenir une plus grande place dans l’organigramme national de l’Union SOLIDAIRES. Ils seront présents, chaque trimestre aux côtés des syndicats et fédérations dans un nouveau Comité National. Pour nous, cette avancée doit trouver des prolongements et des confirmations statutaires le plus rapidement possible.

La délégation Sud éducation
au Bureau National de l’Union syndicale SOLIDAIRES


[1Dans les congrès de Solidaires, chaque syndicat possède une voix et les modifications statutaires se font à l’unanimité.

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