Un collègue sur dix est un précaire !

vendredi 20 janvier 2006
mis à jour lundi 13 février 2006

Contractuel, vacataire, CES, CEC, Allocataire de recherche, « rompu », ATER, nouvel « emploi Vie Scolaire », assistant d’éducation, assistant pédagogique, maître-auxiliaire... A côté de nous, dans nos établissements, environ...

Un collègue sur dix est un précaire !

Précaires de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, enseignants ou non enseignants (à côté des enseignants précaires, d’autres catégories sont touchées par la précarité dans l’éducation : des personnels administratifs, des agents de services, des personnels de la vie scolaire...), au-delà des chiffres, des collègues vivent des situations professionnelles et humaines révoltantes : c’est l’angoisse à chaque rentrée ou à chaque fin de contrat. Pour plus de 25000 d’entre eux, c’est le chômage en toile de fond : les restrictions budgétaires de la rentrée 2005 ont pesé lourd pour les précaires. D’autant que le retard de plusieurs mois dans le versement des indemnités chômage devient une habitude inacceptable.

C’est l’engrenage infernal : le plus souvent obligés de rentrer dans la profession sans concours pour gagner leur vie, les précaires se retrouvent dans les pires condi-tions pour préparer un concours. Aux exigences bien connues des concours s’ajoutent les contraintes supplémentaires liées à leur précarité : remplacements loin de leur domicile (le plus souvent sans défraiement), difficultés à s’intégrer dans une équipe, emploi de « bouche-trou » là où le travail est le plus complexe, services éclatés, temps partiel imposé de fait, précarité salariale telle qu’elle impose le cumul d’emplois... La fin du plan Sapin, qui était déjà un leurre (taux de réussite rarement meilleurs que pour les concours externes), ferme toute possibilité de titularisation, en-dehors des concours externes et internes.

Et pourtant, ces collègues font le même travail que les titulaires, sans formation préalable et sans soutien particulier pour faire face aux difficultés de la profession. Invisibles, ils n’en sont que plus fragiles. Témoignons notre solidarité, faisons prendre conscience à tous que la précarisation dans l’Education Nationale, l’Enseignement Supérieur et la Recherche est néfaste pour les précaires, et menace le statut des titulaires.

Au-delà de l’aspect humain, la précarisation de l’emploi est une menace pour la qualité du service public : dans l’enseignement comme dans la recherche, il faut des équipes professionnelles stables et disponibles. Refusons ce scandale ! Passons à l’offensive

Revendiquons dans l’immédiat pour tou-tes les précaires :
- Droit au réemploi et continuité de paiement ;
- Prise en compte des services effectués ;
- Non-déclassement des contractuel-les en vacataires ;
- Suppression du recours à la vacation au profit d’embauches contractuelles.

Lutter contre la précarité dans nos établissements, c’est d’abord être solidaires et défendre les personnels précaires
- Accueillir les collègues précaires et les informer de leurs droits ;
- Etre mobilisés et présents lors des moments « critiques » de renouvellement de leur contrat ;
- Vérifier auprès du Chef d’Etablis-sement le paiement effectif de toutes leurs heures de travail (conseils de classe, réunions, etc., non incluses dans leur rémunération de base) ;
- Agir pour la contractualisation des vacataires au terme de leurs 200 heures .

Lutter contre la précarité, c’est refuser de jouer le jeu des restrictions budgétaires
- Refus de toutes les missions supplémentaires : remplacement en interne, etc.
- Refus individuel des Heures Supplémentaires.

Lutter contre la précarité, c’est créer un vrai rapport
de force

Pendant plus de deux mois des enseignants précaires ont campé devant le Rectorat de Créteil. D’autres ont campé devant celui de Nice. Ces mobilisations convergent sur le double objectif suivant :
- Alerter l’opinion sur la politique du ministère de l’éducation, qui est de loin la plus grosse agence d’intérim du pays ;
- Rencontrer le ministre De Robien, plus gros licencieur de France pour lui demander pourquoi l’Etat débauche les enseignants expérimentés quand il faudrait en recruter, particulièrement dans les banlieues, pour faire le choix de l’éducation plutôt que de la répression, et pour exiger le réemploi et la titularisation de tous les non titulaires (qui ont été embauchés et réemployés sur les mêmes critères de diplômes que les titulaires).

Mercredi 7 décembre 2005, des enseignants non titulaires venus des académies de Créteil, Versailles, Paris, Nice, mais aussi Bordeaux, Toulouse, Aix-Marseille, Montpellier, Orléans-Tours, Besançon ou Lille ont campé symboliquement sur la place de la Sorbonne à Paris. Ils sont soutenus par une intersyndicale large comprenant CNT, SNEP, SNES, SNUEP, SUD éducation, UNSEN-CGT. Encore une fois, ce mercredi là, le ministère n’a pas daigné les recevoir.

Ecoeurés, les manifestants se sont réunis à la bourse du Travail de Paris, pour tirer les conséquences de ce refus : les non titulaires ont décidé d’être plus offensifs et de radicaliser les actions tout en leur donnant un caractère national : ils ont réfléchi à un plan de mobilisation qu’il proposent à l’intersyndicale :
- Dès le vendredi 9 ils ont fait savoir aux recteurs et au ministre qu’il faut les rencontrer rapidement et leur apporter des réponses, en distribuant des tracts à l’entrée des rectorats où se dérouleront les dépouillements des élections paritaires, élections paritaires où il faut le rappeler, les non titulaires ne sont ni électeurs ni éligibles ;
- Les collectifs multiplieront les actions au même moment dans les différentes régions, en direction d’objectifs médiatiques ou administratifs ;
- Afin de développer la mobilisation des non titulaires, les collectifs vont organiser dans toutes les régions la diffusion systématique de tracts sur les prépas concours et lors de concours internes en janvier ;
- Ils mettent en place une coordination nationale provisoire dans laquelle l’intersyndicale a toute sa place, avec un réseau internet, des actions et des initiatives de popularisation concertées ;
- Dès à présent la perspectives d’une manifestation nationale est envisagée.

Nos revendications doivent aboutir !
Arrêt du recrutement de nouveaux personnels précaires.
Création des postes statutaires nécessaires.
Titularisation immédiate de tou-tes les précaires sans condition de concours ou de nationalité.

Contact du collectif des non titulaires
Ile de France :
mel iungemach@free.fr
Tél. : Isabelle 06 19 81 12 00,
Tél. : Jean Michel 06 81 60 48 43

Le 15 décembre

Sud éducation Créteil


Le campement devant le Rectorat de Créteil tient toujours malgré les conditions climatiques. Une intersyndicale nationale s’est mis en place avec Cnt, Snep, Snes, Snuep, Sud éducation, Unsen-Cgt, Collectifs des Non Titulaires, elle devrait se transformer en un Collectif « Tous ensemble contre la précarité dans l’EN ». Durant le mois de février des actions tournantes auront lieu dans les académies : coup d’envoi en Ile de France le 25 janvier avec comme perspective une action nationale en mars.

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