Un IA s’en prend au droit à la formation syndicale

mardi 13 mai 2008

Pour mener la réflexion critique sur les différentes réformes à l’œuvre dans l’Education nationale depuis l’élection de Sarkozy, Sud éducation 63 décidait en janvier dernier d’organiser un stage syndical le vendredi 4 avril. Intitulé du stage : “Où va l’Ecole publique ?” La question est vaste, elle méritait bien une journée de réflexion collective.

Rapidement une quinzaine de collègues s’inscrivent, puis vingt et vingt cinq. Tout est fait dans les règles, les dates de préparation du stage fixées, le lieu réservé.

À la fin des vacances d’hiver, les courriers de l’administration se succèdent pour informer les collègues du premier degré que l’Inspecteur d’Académie refuse leur départ en stage pour “nécessité de service”, le motif avancé est l’impossibilité de trouver des remplaçants pour les quinze enseignants du premier degré. Sont également refusés, 5 départs sur des stages nationaux organisés par Solidaires en mars et avril, toujours pour des collègues du premier degré.

La difficulté à remplacer des collègues absents est constante et nous la dénonçons chaque fois que nous nous retrouvons face à l’administration. Ce manque chronique de postes de titulaires-remplaçants a déjà eu raison d’une partie de la formation continue qui a été annulée. L’IA a déjà interprété les textes avec fermeté concernant les réunions syndicales sur le temps de travail, mais une interdiction de stage d’une seule journée pour quinze personnes, on n’avait jamais vu ça.

Les militants de Sud éducation décident d’un rendez-vous en urgence avec l’IA et d’une grève dans le département le 4 avril, jour du stage, si celui-ci persiste dans sa décision.

Quatre militants de Sud éducation rencontrent l’IA, son adjoint et la secrétaire générale de l’inspection. Rencontre ferme et déterminée des deux côtés. La décision est maintenue alors même que certains collègues occupent des postes où il n’est pas possible de les remplacer.

Sud éducation, Snuipp et Se-Unsa font une déclaration commune condamnant l’entrave à la formation syndicale et la gravité de la décision de l’IA à la CAPD de mars. Sud éducation appelle seul à la grève le 4 avril. Les autres syndicats sont d’accord pour demander avec nous une entrevue au recteur.

Nous savons qu’une telle grève ne sera pas massivement suivie même si nous avons fait un gros travail d’information dans les établissements, tout en préparant le rassemblement contre Base Elève du 2 avril et la manifestation du 5 avril avec les sans-papiers.

Le 4 avril, nous sommes une cinquantaine dans la cour de l’Inspection Académique. Nous tenons une conférence de presse. Radio, presse et télévision ont accepté l’invitation. Nous sommes une centaine de grévistes. L’après-midi, nous sommes une trentaine en AG où s’engage un large débat sur la cohérence d’ensemble des attaques du gouvernement contre l’Ecole. Il ne fallait pas laisser passer…

Sud éducation Puy de Dôme