Toujours plus de précarité...

vendredi 14 juillet 2006
mis à jour samedi 2 septembre 2006

Prétendant répondre aux besoins en personnels (on dit maintenant adultes...) de la plupart des établissements scolaires publics, le ministre De Robien veut créer 45 000 emplois de vie scolaire (EVS). Ces emplois constituent une étape supplémentaire dans l’aggravation de la précarité. Aide aux élèves handicapés, assistance administrative aux directeurs d’école, aide à l’accueil à l’encadrement et à la surveillance des élèves sont les principales activités évoquées par le ministère pour ces nouveaux précaires de l’éducation nationale.

Aide à la scolarisation des élèves handicapés

Confier l’accompagnement des enfants handicapés à des personnels peu payés, non formés, qui resteront peu de temps dans l’école, c’est nier le réel travail de concertation, d’élaboration et de suivi des projets individuels d’intégration.

Ce que nous demandons, c’est une véritable politique d’intégration qui prenne en compte les charges réelles de l’intégration scolaire et la favorise par des réductions d’effectifs d’élèves dans les classes, et non un accompagnement aléatoire assuré par une personne sans formation.

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Aide aux directeurs d’école

Chaque année de nombreux postes de direction d’école sont vacants parce que plus personne ne veut crouler sous les tâches administratives (enquêtes sans suites, fichage d’élèves...) et en plus assurer la classe. Donner un journée de décharge aux écoles de 4 classes nécessiterait la création de 1700 postes, le Plan Robien n’en prévoit aucune. De plus, les modalités prévues par le ministre
pour porter à 4 classes les seuils de décharge horaire pour les directeurs entraîneront une diminution de la formation continue.

La réponse appropriée à cette situation n’est certainement pas l’emploi d’EVS. Sud éducation revendique des décharges horaires pour toutes les écoles, l’encouragement à la direction collective et à une formation continue qui la rende possible.

Aide à l’accueil et à la surveillance des élèves

Jusqu’en 2003, cette fonction était assurée dans les collèges et les lycées par les Maîtres d’Internat et les Surveillants d’Externat (MI/SE). Ce statut, bien qu’imparfait, permettait à de nombreux étudiants issus de milieux populaires de financer et de poursuivre leurs études. De Ferry en Fillon puis en Robien, ce statut a disparu pour laisser la place à des contrats précaires en nombre bien plus réduit que celui des MI/SE. Côté étudiant, la précarité gagne du terrain, la présence d’étudiants issus des classes populaires régresse dans les universités, le règne des petits boulots se généralise.

Sud éducation revendique la mise en place d’un statut « d’étudiant salarié » qui permette à chaque étudiant de poursuivre des études dans des conditions matérielles autorisant la réussite aux examens.

Comme nous avons pris position contre la création des emplois jeunes en 1997, sous un gouvernement de « gauche plurielle », nous dénonçons le plan Robien. Ses 45 000 EVS vont s’ajouter aux milliers de salariés qui font de
l’Education nationale le premier employeur de travailleurs précaires.

Dans le second degré

Depuis sa création Sud éducation milite pour l’arrêt des recrutements de salariés précaires et pour l’ouverture de davantage de postes aux concours, c’est-à-dire l’inverse de la logique qui préside encore à la rentrée 2006.

Mais l’arrêt du recrutement de précaires ne veut pas dire, pour nous, la mise au chômage de milliers de contractuels employés jusque là par l’Education nationale. En transformant la plupart des contractuels en vacataires,
l’administration instaure un turn over de personnels sans aucun droit ni social ni syndical.

Parce que nous luttons contre le chômage et la précarité, nous revendiquons la titularisation sans condition de concours ou de nationalité de tous les salariés précaires déjà recrutés. Il va de soi que cette titularisation doit pouvoir ouvrir un droit immédiat à la formation continue.
Pour ces raisons, nous soutenons les mobilisations organisées par les collectifs de non-titulaires, nous tentons d’y prendre part et appelons tous les personnels à les soutenir.

Conseil fédéral Sud éducation, juin 2006 (extraits).

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