Solidarité avec les compañeros d’Atilra-Rosario

Les cogneurs hors des syndicats, communiqué du Front Populaire Darío Santillán (Argentine)
mercredi 10 décembre 2008

Le Front Populaire Darío Santillán tient à exprimer sa solidarité avec les compañeros de la section de Rosario d’ATILRA [1], qui ont été brutalement agressés le mercredi 3 décembre par un commando de cogneurs dirigés par Héctor Ponce, Secrétaire Général d’ATILRA au niveau national, et allié d’Hugo Moyano, secrétaire général de la CGT [2].

En réalité, il s’agit de la seconde attaque que les compañeros d’Atilra-Rosario subissent en peu de temps.

Le jeudi 27 novembre dernier, un groupe de cogneurs commandé par des membres de la direction nationale d’Atilra s’est introduit — avec l’évidente complicité du patron — dans le dépôt que l’entreprise SANCOR possède à Rosario et a agressé brutalement les trois délégués du personnel.

Ce mercredi, alors qu’avait lieu devant le syndicat un rassemblement de protestation contre ces abus, — rassemblement auquel participaient aussi des représentants de diverses organisations syndicales, sociales, de Droits Humains et politiques de la région — un commando d’environ 300 membres sous la direction d’Héctor Ponce a prétendu entrer à coups de bâtons et de chaînes.

Les compañeros d’Atilra et des organisations solidaires ont résisté à l’attaque et les ont obligés à reculer. Lors de ces graves incidents, plusieurs compañeros d’Atilra-Rosario, d’ATE [3] et d’Amsafe [4] ont été blessés plus ou moins gravement.

Plus tard, dans des circonstances qui n’ont pas encore été éclaircies, Hugo Cornejo, un des membres du commando de cogneurs, a été assassiné quelques centaines de mètres plus loin.

Il faut dénoncer aussi la totale responsabilité du gouvernement de la province de Santa Fe et de sa police. Bien que les autorités du Ministère de la Sécurité aient été averties par écrit plusieurs jours auparavant de l’imminence de l’agression, elles n’ont rien fait pour l’éviter.

Au contraire, la police locale a « escorté » les nombreux collectifs sur tout leur parcours à travers la ville jusqu’à la zone du syndicat ; mais la police postée sur le lieu des faits a « libéré la zone » pour que le commando puisse agir en toute impunité, et elle est intervenue plus de 40 minutes après le commencement des affrontements, et seulement quand une voiture a été incendiée.

Certains médias et les fonctionnaires du gouvernement provincial cherchent à faire passer la version d’un « affrontement entre groupes », mais ce qui a été démontré ce mercredi c’est jusqu’où la bureaucratie syndicale est prête à aller pour conserver ses privilèges et défendre les intérêts patronaux auxquels elle répond.

Des syndicats comme ATILRA-Rosario, qui misent sur la construction collective à partir de la base, sont regardés comme une menace par ceux qui veulent que les travailleuses et travailleurs restent dans le moule.

Nous voulons parler des patrons qui, malgré les profits extraordinaires qu’ils ont obtenus ces dernières années, cherchent à décharger les premiers effets de la crise sur notre dos ; des gouvernements national et provincial, qui parlent de mesures de protection de l’emploi, mais laissent passer des centaines de licenciements ; et de la bureaucratie syndicale, complice des deux quand elle brade nos droits avec les arguments du « moindre mal ».

Aujourd’hui plus que jamais, nous, les travailleurs et travailleuses, ne devons faire confiance qu’à nos propres forces : nous devons susciter sur chaque lieu de travail des réunions, des assemblées et des corps de délégués pour qu’entre nous tous — salariés fixes, précaires et au noir — nous discutions et définissions collectivement comment faire pour défendre nos droits.

C’est pour tout cela que nous réclamons :
- que la lumière soit faite sur les faits du 3 décembre 2008
- l’arrêt des persécutions de la bureaucratie syndicale au service des patrons. Les syndicats doivent appartenir aux travailleuses et aux travailleurs. Pour la démocratie et la liberté syndicales.

Ni faim, ni licenciements Que ceux d’en haut paient leur crise !


- Maintien de l’emploi et défense du salaire
- Revenu Universel par enfant, 0% de TVA sur les aliments
- Terre et logement pour tous
- Défense des biens et des ressources naturels
- Faire la lumière sur les attaques contre les membres d’organisations populaires, comme dans le cas du Mouvement National des Gamins du Peuple — réduits au silence par le gouvernement — et à présent la nouvelle agression contre les travailleurs d’ATILRA à Rosario.

Pour le travail, la dignité et le changement social Unité, lutte et organisation depuis la base

Front Populaire Darío Santillán


[1ATILRA : syndicat des travailleurs de l’industrie laitière de la République argentine

[2La CGT argentine, d’abord courroie de transmission du pouvoir péroniste, s’est ensuite compromise avec tous les pouvoirs, y compris militaires

[3ATE : syndicat des travailleurs de l’État

[4AMSAFE : syndicat des enseignants de la province de Santa Fe

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