Solidaires, un fantastique ferment de lutte !

samedi 15 novembre 2008

Le 1er avril, l’Université Paris 8 change de prestataire de service. Les salariés chargés du nettoyage passent de sociétés sortantes en sociétés rentrantes environ tous les 2 ans. Leur Convention Collective garantit la stabilité de leur emploi au moins dans le principe, car les contrats des salariés incluent des clauses de mobilité. Ainsi un employeur peut déplacer un salarié à l’opposé de la Région, l’affectant sur un chantier à une heure où il lui sera impossible de rejoindre son lieu de travail en transport en commun et le contrat sera rompu à l’initiative du salarié.

C’est ce que l’entreprise entrante a tenté de mettre en œuvre pour sept de ses employés à Paris 8, habitant tous les environs, et mutés sur des sites de Seine-et-Marne à 6 heures du matin. Pendant les vacances de printemps, ils ont reçu leur avis recommandé d’avoir à rejoindre leur nouvelle affectation le 19 mai.

Dès le 5 mai au matin, Sud éducation Créteil est sollicité pour syndiquer les salariés comme le permettent ses statuts. Un courrier recommandé est adressé à l’entreprise exigeant l’annulation des mutations. Un courrier des usagers de Paris 8 (personnels et étudiants) est envoyé au Président de l’Université.

Dès le 13 au matin, la mobilisation prend comme une traînée de poudre. Les employés de la société sont réunis en A.G. avec des représentants des différents Sud (Éducation, Étudiant et Nettoyage). Ils sont reçus par l’Administration qui conclut les marchés, et la direction de l’entreprise est convoquée à 14 heures. Elle est très fermement chargée de mettre fin aux troubles que ses décisions ont soulevés.

Sud Nettoyage est présent et maîtrise parfaitement la situation avec fermeté. Il n’autorise aucun faux-fuyant et débusque tous les pièges sous-jacents dans la négociation.

Le lundi matin, la grève est effective, très festive, dans le hall principal de l’Université. Il faut saluer le savoir faire de Sud Nettoyage pour donner tout son éclat à cette mobilisation bruyante, bon enfant, enthousiaste.

Sud étudiants distribue les tracts et met en place la caisse de grève. Le Président est dans son bureau avec l’entrepreneur. Et de fait, la négociation entre l’Administration et la Société échoue. À 11 heures, le Président vient annoncer aux salariés qu’il vient de rompre le contrat.

Le patron a voulu les virer, ils ont viré le patron !

Sud éducation Créteil