Solidaires et les ambiguïtés de la CGT

jeudi 10 février 2005
mis à jour mardi 19 avril 2005

« Au cours des dernières années, la CGT a su se positionner pour occuper la place centrale dans le mouvement syndical français. Après être parvenue à détacher son destin d’un parti communiste en déclin, après avoir réussi à se faire admettre dans la CES, elle parvient maintenant à donner d’elle une image de syndicalisme de propositions et de revendications, d’actions pour la défense des acquis sociaux. Ainsi, après le conflit majeur sur les retraites, les élections professionnelles qui ont pu intervenir ont généralement été marquées par un net recul de la Cfdt et par un déplacement assez sensible au profit de la CGT. Cette confiance d’un grand nombre de salariés s’est trouvée en décalage avec les militants les plus investis dans la grève qui jugent timorée, voire inacceptable, l’attitude de la direction confédérale et de ses fédérations les plus importantes face aux projets gouvernementaux de réforme des retraites, de l’assurance maladie.

Elle a très fortement privilégié un syndicalisme rassemblé qui visait essentiellement à un recentrage avec la Cfdt. Devant les critiques d’une base toujours fortement en désaccord par rapport aux exigences du Medef et vu le rapprochement souhaité avec une Cfdt trop ouvertement en appui des contre réformes libérales, la direction confédérale CGT est dans une position de grand écart. (...)
Les tergiversations de la direction confédérale sont apparues pendant le conflit 2003 sur les retraites. Cette attitude s’est reproduite lors du projet gouvernemental sur l’assurance maladie en 2004 contre lequel aucune mobilisation sérieuse n’a été engagée sur le terrain. Toujours au printemps 2004, il en a été de même lors du conflit contre le changement de statut d’EDF GDF. Ce conflit a mis en évidence l’absence de volonté de construire une réelle stratégie d’affrontement pour mettre en échec le projet gouvernemental et ce conflit s’est conclu par une défaite en juin 2004.

Dans les trois cas, la grève générale était la seule stratégie efficace pour bloquer les plans patronaux. Comme SOLIDAIRES a pu l’écrire alors, certes la grève générale ne se décrète pas. Mais elle doit être mise en débat et aux votes lors des AG de salariés. Elle ne doit pas être combattue mais préparée et organisée et soutenue quand elle s’installe dans certains secteurs. »

Texte du 3e congrès de l’Union syndicale Solidaires

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