Solidaires Unitaires Démocratiques

lundi 26 octobre 2009

Plus de deux millions de personnes ont fait l’effort d’aller voter un samedi d’octobre pour dire leur refus de voir privatisé le service public de La Poste. C’est un signe fort, pour nous et pour tous ceux et celles qui sont attachés à cette notion fondamentale de service public : les thuriféraires du « tout marché » n’ont pas encore gagné, la résignation n’est pas à l’ordre du jour, la lutte continue.

Les attaques contre les services publics, menées désormais de manière délibérée par les pouvoirs libéraux, l’Éducation nationale les subit massivement et dans tous les domaines. Maintenant éclatée entre deux ministères (Éducation nationale / Enseignement Supérieur et Recherche), elle a été amputée des TOS envoyés dans la Fonction publique territoriale. La mastérisation galopante sépare la diplômation des futur-e-s enseignant-e-s (par l’université) et leur recrutement (par l’Education nationale), préparant le recrutement par contrat et sans statut dans le vivier ainsi constitué. Les nouvelles évaluations basées sur l’entretien individuel, en mettant les personnels en rivalité, renforcent, sous l’alibi du « mérite », le pouvoir des petits chefs. La concurrence et la gestion managériale s’attaquent à tous les niveaux : les établissements classés en fonction de leurs « performances », les personnels recrutés de plus en plus sur « profil » ou éclatés sur deux ou trois établissements et sommés de faire la preuve de leur « investissement personnel », les élèves dont les familles doivent jouer des coudes pour résister à la suppression de la carte scolaire. On va même jusqu’à leur proposer une cagnotte pour lutter contre l’absentéisme !

Aujourd’hui, face à ce « rouleau compresseur libéral », certains sont tentés par la fuite en avant, d’autres anéantis par la désespérance. En l’absence, dans l’immédiat, du mouvement social général et de grande ampleur que nous travaillons à construire, c’est sur le terrain qu’il nous faut nous battre, pied à pied. Ce n’est pas avec nos slogans que nous ferons reculer la machine libérale, c’est en bataillant quotidiennement, là où nous sommes, patiemment, obstinément.

Chaque grain de sable que nous glissons dans les rouages est une avancée nécessaire : chaque fois que nous empêchons un poste d’être remplacé par un contrat, un-e collègue précaire d’être licencié-e, l’entreprise du coin de s’insérer dans les décisions éducatives, l’argent public d’être dévoyé vers l’école privée, nous grippons la machine à broyer l’École publique. Chaque fois aussi que nous résistons au tri discret des élèves entre « bons » et « mauvais », que nous privilégions le collectif sur l’individuel, que nous tentons localement -et avec succès plus souvent qu’il n’y paraît- de restaurer la dynamique de l’action solidaire et collective, nous marquons des points.

Car c’est là aussi que se joue l’issue de la bataille : si elle est et doit être revendicative, elle est aussi idéologique. Contre l’individualisme sournoisement instillé partout par le « volontariat », l’inégalité érigée en doctrine, l’élitisme des puissants, la reproduction sociale et la marchandisation de l’éducation, il nous appartient de faire à nouveau partager par le plus grand nombre nos valeurs fondatrices : solidaires, unitaires, démocratiques.

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La Poste