Scénarios pour l’avenir de l’enseignement professionnel.

Dossier enseignement professionnel
samedi 15 novembre 2008

Des évolutions profondes se produiront inéluctablement. Plusieurs scénarios sont possibles à courte ou moyenne échéance.

À l’heure actuelle, l’EP vit une douloureuse contradiction : il n’est pas possible de former de vrais professionnels et de traiter les échecs lourds de l’EG.

Les entreprises récriminent : aux niveaux IV et V, elles ont le sentiment d’avoir tout à enseigner y compris dans le domaine des savoir-faire professionnels.

Les enseignants récriminent : comment pourraient-t-ils en 2 ans faire de vrais professionnels avec de jeunes illettrés, déstructurés et non sociabilisés ?

En fait l’existence de la filière professionnelle justifie qu’on ne traite pas les échecs scolaires dans la filière générale.

Quant aux élèves, ils sont capables d’un comportement très différent lorsqu’ils sont en stage c’est-à-dire, en situation de responsabilité, même minime.

On peut aussi se poser la question de la pertinence de formations scolaires pour des élèves de 20 ans et plus qui parfois travaillent en dehors de l’école.

L’EP en France est mutualisé, financé en partie par la taxe d’apprentissage, par les impôts régionaux et par l’Etat pour l’essentiel. Les entreprises verraient d’un mauvais œil la prise en main de leurs formations contre un allègement fiscal.

Deux signes avant-coureurs : les CQP (contrats de qualification professionnelle) qui échappent au monopole de l’Etat et les VAE (validation des acquis de l’expérience).

L’Europe à l’Anglo-saxonne et la mondialisation poussent à un désengagement de l’Etat dans l’EP tellement générateur de dépenses et de problèmes et à la privatisation de tout enseignement post-collège.

De surcroît le gouvernement actuel veut réduire le coût de l’administration d’État dont l’Éducation nationale représente 20%.

Les Régions qui supportent mal de payer sans maîtriser la politique estiment que l’EP relève essentiellement de l’économie, de l’emploi et de l’aménagement local.