Sarkozy, Besson, Hortefeux... Toujours plus

mardi 31 août 2010

D’abord, le projet de loi Besson, puis les honteuses déclarations du président de la République à Grenoble, du ministre de l’Intérieur Hortefeux, du porte-parole, Lefebvre, le pouvoir persiste dans l’ignominie. Par cette offensive sécuritaire, les plus hautes autorités de l’État jettent à la vindicte publique des catégories entières de population : gens du voyage et étrangers accusés d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère menacés d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Ce sont, encore et toujours, des atteintes graves aux droits des migrants, ces étrangers décidément indésirables.

Aux questions qui se posent, Sarkozy, en déficit de popularité, répond de la façon la plus détestable, politicienne et démagogique : l’étranger et l’immigré, boucs émissaires de tous les maux.

Ce n’est pas nouveau. Rappelons que ce pays a déjà pratiqué la déchéance de nationalité. En juillet 1940, la loi sur la dénaturalisation retire la nationalité aux indésirables ; ainsi, 7 000 Français d’origine juive et 7 000 Français d’origine italienne redeviennent des étrangers et, le 7 octobre, la citoyenneté française est retirée aux juifs d’Algérie.

Ces projets et propos gouvernementaux sont inacceptables. Il faut stopper cette escalade répressive, dire NON à une politique xénophobe, indigne, qui stigmatise, incite au racisme et avilit le pays. Si le pouvoir actuel l’emportait, il aggraverait le dossier (déjà bien lourd) des historiens qui ne manqueront pas d’étudier l’impact de la présidence de Nicolas Sarkozy sur l’état de la démocratie en France.

Pour que la réponse du pays soit à la hauteur des enjeux…

Continuer le travail d’explication sur les questions d’immigration.

La mobilisation de tous sur l’ensemble de cette escalade est nécessaire. Il est probable que les projets de loi en discussion au Sénat à partir du 7 septembre sur la sécurité (loi dite « Loppsi 2 ») et à l’Assemblée nationale à partir du 27 septembre (loi Besson) fassent l’objet d’amendements.

Contre le projet de loi Besson.

Des juristes membres de l’UCIJ [1] -Uni(e)s Contre une Immigration Jetable- ont réalisé une analyse collective du projet de loi "Besson" du 30 mars 2010 "relatif à l’immigration, l’intégration et à la nationalité". Ce texte très technique est résumé dans une brochure qui met l’accent sur l’ensemble des mesures tout en faisant apparaître la logique d’ensemble, sécuritaire et xénophobe, pour être à la disposition des organisations et militants et permettre de mobiliser, de tenir des réunions publiques dans tout le pays :

Contre les annonces de Sarkozy, une riposte indispensable et collective

Signer.

L’appel citoyen (de nombreuses organisations, dont SUD Éducation et RESF) « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité »

Manifester.

L’UCIJ appelle au rassemblement Place de la République à Paris le samedi 4 septembre et à ce que partout en France des initiatives rassemblant aussi largement aient lieu.


[1ADDE, Acat France, Anafé, CFDA, Cimade, Fasti, Gisti, InfoMIE, Migreurop, MOM, Association Primo Levi, SAF, Syndicat de la magistrature

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