Sans papiers : Sud éducation sur le terrain

mercredi 1er novembre 2006
mis à jour vendredi 5 janvier 2007

La nécessité de placer la lutte des sans papiers au centre des préoccupations de Sud éducation a été réaffirmée unanimement au Congrès de Clermont-Ferrand, lors de son ouverture. Loin de nous l’idée d’être de simples signataires de pétitions. Nous sommes pour une lutte de terrain. L’ambiance plutôt morose, le “bof” généralisé, les silences lourds, trop souvent en salle de profs, ne doivent pas nous décourager. Nous avons à dire et à faire, contre vents et marées, s’il le faut.

L’étau se resserre sur les demandeurs d’asile et les clandestins. Les contrôles d’identité, les rafles, les expulsions qui mettent à mal de façon cruciale la vie d’enfants, de femmes et d’hommes, risquent fort d’augmenter au cours des semaines à venir. Le ministre de l’Intérieur vient de rappeler les services préfectoraux à l’ordre : 18000 expulsions, c’est trop peu ! Il faut accélérer la cadence ! Sarkozy donne à sa manière les cartes en vue des élections présidentielles du printemps ; la répression à tous les étages, le flicage, le fichage sont de mise, le totalitarisme est en route. La violence des propos et des actes du ministre de l’Intérieur suinte de toutes parts, impossible à cacher comme en a témoigné le Canard enchaîné lors de l’affaire des Tarterets, fin septembre. La loi pour la prévention de la délinquance va passer en seconde lecture devant l’Assemblée nationale, prônant tout l’inverse d’une société solidaire : l’expérimentation menée durant les trois années précédentes va s’étendre, avec son cortège d’idées nauséabondes. Le texte organise contrôle, exclusion, délation et répression. Big brother n’est plus derrière la porte, il est dans la place ! L’une des fonctions du fichier Base-élèves sera d’être “la plus grande source d’information sur l’immigration” (dixit l’IA des Pyrénées Orientales). Fichage de population, un correspondant police ou gendarmerie dans les établissements scolaires, traitement informatique des données sociales des personnes, vidéosurveillance, systèmes de mesures biométriques pour accéder à la cantine et même pour les enfants de crèche !

Les immigrés font partie des premiers exclus, leur expulsion sert d’écran pour cacher toutes les autres exclusions à venir. Notre ministre de l’éducation n’est pas en reste : les lycéens de la Fidl se sont dits “scandalisés” que Gilles de Robien leur ait assuré être “le ministre de l’Education nationale et non internationale”, tandis qu’ils évoquaient la situation des lycéens sans-papiers !

Aussi, l’investissement effectif de chaque structure Sud éducation dans la lutte locale est d’une extrême importance : participer aux réunions des RESF ou Collectifs d’aide aux sans papiers et demandeurs d’asile, entourer les familles, faire connaître les cas, faire signer les pétitions, tenir des stands pour informer et récolter des signatures sur les foires ou marchés, participer en nombre aux manifestations, aux évènements locaux, aux parrainages républicains... Sans oublier la pétition “Nous les prenons sous notre protection” du RESF, qui peut recueillir davantage de signatures ; c’est une des tâches que nous pouvons prendre en charge.

Les enjeux, au-delà de la régularisation pour tous, sont de taille : sauvegarder une “terre d’asile” où les mots Liberté, Fraternité, Solidarité font sens, exiger une école pour tous. Il n’est plus temps de tergiverser, les propos totalitaires gagnent du terrain et le populisme sarkozien distille son venin quotidiennement.

Des centaines de personnes de différents horizons militent sans compter dans le RESF. Par un travail acharné, elles ont permis à de nombreuses familles de recouvrer une vie digne. Nous pouvons leur rendre hommage, la lutte menée est terrible, d’espoirs en désespérances. A nous, membres de Sud éducation, d’apporter notre part dans un véritable engagement qui permettra de faire avancer la cause des “sans papiers”.

Commission fédérale Immigration /Sans Papiers

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