Répression

Ils tapent sur les élèves
vendredi 10 décembre 2010

En guise de réponse aux mobilisations du mois d’octobre, le gouvernement a déclenché des violences policières, notamment lors des manifestations lycéennes. On connaît par cœur le procédé, mais, rien à faire, ça surprend toujours dans un pays qu’on a la naïveté de croire civilisé. A Lyon-Bellecour, à Montreuil et même Chambéry, petite ville de province où aucune manif n’avait encore connu de telles violences, Hortefeux a encore fait parler la force, seule réponse qu’il ait trouvée aux mobilisations massives contre la réforme des retraites.
Pour accompagner le tout, une mise en garde écrite du ministère aux élèves et aux familles via les rectorats où il est question, sur un ton nauséabond, de « devoir d’assiduité » et de « trouble à l’ordre public », et qu’on a demandé aux chefs d’établissements de diffuser aux familles, histoire de semer le doute et la peur parmi celles-ci dans le but de faire taire toute contestation. On y ajoute les menaces d’inscription des absences non-justifiées sur le bulletin scolaire, avec en fond le chantage à la suppression des allocations familiales, et le tableau est complet, d’autant que certains membres zélés des équipes de direction de certains établissements ne manquent pas, pour se faire bien voir, d’en rajouter une couche personnelle.

En 2010, l’armée et la police sont donc toujours les bras armés du capitalisme qui n’hésite pas à les utiliser quand il n’a plus d’arguments. Ce n’est pas une découverte, mais il est bon de le rappeler tout de même au moment où la contestation se fait nombreuse, bruyante, parfois radicale, et que, malgré tout, certains restent comme anesthésiés dans leurs bulles en attendant un hypothétique changement en 2012.

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Environs du lycée Monge
Chambéry, 14 octobre 2010

Si cela leur semble juste, les jeunes doivent pouvoir défendre un système de retraite solidaire mettant à contribution tous les revenus, y compris ceux issus du capital, de la spéculation et des bénéfices des grosses entreprises, sans courir le risque de se faire taper dessus par un État censé être responsable de leur bien-être et de leur protection.

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