Pour l’unité dans les luttes

vendredi 14 juillet 2006
mis à jour samedi 2 septembre 2006

Il y a la nécessaire unité des salariés, et donc aussi des organisations syndicales qu’ils se donnent. Dans le même mouvement il y a la légitimité des formes d’organisation que les travailleurs se donnent dans les périodes de luttes, et il y a ces luttes dans lesquelles nous avons un certain nombre de conceptions à défendre qui peuvent se résumer ainsi : la grève appartient à celles et ceux qui la font.

Dans quelques départements, le travail souvent long de nos équipes militantes a permis que Sud éducation participe aux intersyndicales et ne puisse être ignoré des organisations traditionnelles. Cela n’empêche nullement Sud éducation de développer ses conceptions, bien au contraire, et il en va de même pour l’Union syndicale Solidaires. Au niveau national nous sommes l’objet d’un véritable ostracisme et nous considérons que ce blocage peut être levé si les deux organisations majoritaires (FSU, Se-UNSA) en décident.

En tant que fédération nous devons participer à des cadres unitaires, nationalement et localement, afin de peser davantage sur les luttes et leur déroulement et en nous faisant entendre davantage. Il ne s’agit pas de se rogner les ailes au niveau revendicatif, mais d’accepter une confrontation ou prime ce qui réunit, et cela parce que sur le terrain et dans les établissements, les salariés sont sensibles à la question de l’unité et qu’ils ont raison d’appréhender cette question comme primordiale dans une situation où aucun syndicat, pas même le syndicat majoritaire, n’est en mesure de gagner seul sur quoi que ce soit... contrairement aux déclarations enflammées qui précèdent en général les élections professionnelles.

Affirmer que nous voulons sortir de l’ostracisme dans lequel nous maintiennent les organisations syndicales majoritaires, ce n’est pas accepter d’être toujours d’accord. C’est rechercher les compromis possibles, et c’est aussi savoir que parfois ils ne sont pas possibles.
Signer une pétition nationale sur la précarité avec les autres organisations syndicales du secondaire ne nous empêche nullement d’animer un travail unitaire autour de cette pétition dans les départements et de continuer à porter nos revendications propres sur cette question.

Nous intégrer à des cadres unitaires existants comme le Réseau Education Sans Frontières, qui existe dans tous les départements de France, ne nous prive nullement de continuer à affirmer que nous revendiquons la régularisation de tous les Sans Papiers.

Participer à des collectifs de défense des services publics ne nous oblige pas à partager toutes les conceptions de celles et ceux qui les composent.

Tenter de mettre en place une réaction unitaire contre les remplacements en interne dans le secondaire, ce n’est pas forcément accepter les positionnements des autres organisations au moment du vote de la loi Fillon, ou accepter les déclarations de leurs représentants nationaux.

Le dernier congrès fédéral de Sud éducation a donc clairement reconnu la nécessité de la participation à des cadres unitaires, locaux et nationaux, pour favoriser et dynamiser les luttes.