Plan de réussite éducative : où passe l’argent de l’Etat ?

Un tract de SUD Education Calvados
dimanche 22 octobre 2006

300 000 € ! C’est la somme octroyée à certaines villes (Hérouville, Vire, Lisieux) ou quartiers (Chemin Vert, Guérinière) dans le cadre du Plan de Réussite Educative (PRE). A dépenser en partie avant Noël ! Vite, vite : que va-t-on pouvoir en faire ? Et d’abord qui est ce « on » ? Les municipalités ! Certaines, à grand renfort de publicité, affirment « leur réussite scolaire, c’est aussi notre affaire. » Certes.

Mais alors pourquoi avoir, en tant que députés-maires, voté le budget octroyé à l’Education Nationale avec ses 8500 emplois supprimés à la rentrée 2007 / 2008 ?

Pourquoi ne pas commencer par soutenir et développer les structures publiques en place ? Le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) manque cruellement d’éducateurs et de travailleurs sociaux pour accomplir sa mission de prévention. Il n’y a pas assez de personnel soignant, médecins, psychiatres, orthophonistes, éducateurs pour que le CMPS (Centre Médico Psycho Social) puisse répondre aux demandes. Les RASED (Réseau d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté) sont souvent amputés de certains de leurs membres. Sur Hérouville, un maître G en congé emploi formation n’est pas remplacé à Gringoire. Un maître E parti en retraite n’est pas remplacé à Blaisot.

La rentrée dans certaines écoles d’Hérouville et du Chemin Vert a été épique ! Il a fallu que les parents se mobilisent, occupent les lieux pour enfin obtenir gain de cause ! L’Inspection Académique ne respectait même pas ses propres seuils d’ouvertures ou de fermetures !


Au lieu de ça, le PRE propose aux familles des consultations gratuites de psychologues du privé hors temps scolaire, du soutien scolaire pris en charge par des organismes privés
. Il est facile après avoir dépouillé l’Education Nationale et les structures municipales de leurs moyens de faire un bilan négatif et brusquement de trouver une grosse somme d’argent pour s’adresser à des organismes dont l’objectif est avant tout lucratif. Ça s’appelle la casse du service public !

Qu’importe, si les missions sont remplies et que les enfants y trouvent leur compte ! diront certains. Est-ce si sûr car ce PRE n’a une durée de vie que de 3 ou 4 ans. Quelle garantie a-t-on une fois les échéances électorales passées qu’il soit reconduit ? Des organismes privés sont des entreprises et donc se doivent de faire des bénéfices. Transférer certaines des missions des services publics vers le privé a comme corrollaire, à terme, de rentabiliser ces missions et donc de les rendre plus onéreuses ou bien de les proposer seulement à ceux qui auront les moyens de payer. Et pendant ce temps, on aura continué à démanteler notre service public d’Education Nationale. Que restera-t-il pour ceux qui n’auront pas les moyens ?

Enfin, dans le contexte actuel de vote d’une loi sur la prévention de la délinquance, de chasse à l’immigré pas « conforme », que peut devenir cette signalisation des familles en difficulté à la mairie ? Ne risque-t-on pas de mettre en danger certaines familles ?

Les services publics doivent garder leurs missions. Nous devons refuser de jouer le jeu en ne donnant pas la liste de nos élèves en difficulté.

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