Pékin 2008 : écrasement olympique des Droits de l’Homme

samedi 15 novembre 2008

Nul ne pouvait ignorer que le régime totalitaire chinois utiliserait les JO pour renforcer sa chape de plomb répressive (dissidents systématiquement arrêtés, camps de travail et centres de torture fonctionnant à plein régime, exécutions capitales à la chaîne). La récente répression au Tibet pouvait pourtant écarter les derniers doutes.

Mais non, il ne fallait pas parler de boycott de ces JO de la honte et surtout il ne fallait pas « prendre les sportifs en otage ».
Alors toutes les démocraties occidentales, tout le Comité International Olympique, toutes les fédérations sportives et toute la grande famille du sport ont décidé de privilégier la liberté de courir, de sauter et de nager au détriment des libertés publiques écrasées par le totalitarisme chinois et son parti unique.

Véritable système d’encadrement de la population, l’élevage sportif chinois, fabrique industrielle de médaillés avec ses milliers d’enfants cassés par les exigences de la sélection précoce, a montré sa domination sur l’horreur des stades.

L’essentiel était-il vraiment de participer à cette autoglorification de la plus grande dictature de la planète et à son modèle de production de champions ?

Avec la Comité pour le Boycott des JO de Pékin (COBOP) et la revue Quel Sport ?, nous, Sud éducation, avons refusé de nous ranger du côté des naïfs idolâtres de l’idéal olympique. Face à des gouvernements qui ont sacrifié la défense des droits de l’homme en Chine sur l’autel du réalisme commercial et dans le silence critique de la gauche, du mouvement social, du mouvement syndical et du « monde des éducateurs sportifs » nous pouvons dire — en termes sportifs — que nous avons au moins « sauvé l’honneur ».

Sud éducation Puy de Dôme