Non à la vidéosurveillance dans les établissements scolaires

samedi 3 septembre 2005
mis à jour jeudi 6 octobre 2005

Nicolas Sarkozy a indiqué, le 28 juillet dernier, qu’un projet de loi anti-terroriste serait prêt à la rentrée, avec notamment des dispositions sur la vidéosurveillance et les données téléphoniques. Cette escalade du climat sécuritaire remplit les poches des prestataires en équipement électronique de sécurité et consultants en tout genre, tandis que les valeurs de la démocratie et les libertés individuelles sont reléguées au statut de belles paroles creuses. Ce climat accélère également le recours dogmatique à la surveillance électronique dans les établissements scolaires, sans aucune réflexion sur l’impact éducatif d’une telle politique plus médiatique qu’efficace, où l’électronique remplace de plus en plus la présence humaine.

NE LAISSONS PAS L’ELECTRONIQUE SECURITAIRE SAPER LE TRAVAIL EDUCATIF : ENGAGEONS LA LUTTE EN SIGNANT MASSIVEMENT CETTE PETITION

Les organisations, les associations, les personnes, signataires expriment leur ferme opposition à l’installation de systèmes de vidéosurveillance dans les établissements scolaires.

Le respect de la liberté individuelle est l’une des valeurs que l’école doit transmettre. Cette valeur est d’ailleurs inscrite dans la constitution.

Or la vidéosurveillance c’est l’abandon des droits du citoyen à rester anonyme et à ne pas être surveillé dans ses déplacements. La vidéosurveillance dans les établissements scolaires c’est habituer les personnes, dès l’adolescence, à l’abandon de ces droits.

En fait, l’introduction de la vidéosurveillance à l’école vise aussi à masquer la forte diminution des effectifs de surveillants (30 000 en 5 ans).

Mais avant tout, la vidéosurveillance installe une ambiance peu compatible avec ce que doit être l’école :

- Elle vise plus à induire un comportement de soumission qu’elle ne fait appel à la réflexion et à la conscience : cela s’apparente plus au dressage qu’à l’éducation.

- Elle va à l’encontre d’une véritable action éducative : pour progresser, les jeunes ont besoin qu’on leur fasse, le plus possible, confiance. À travers la vidéosurveillance, au contraire, on leur signifie que l’on se méfie d’eux à priori. Ceci est particulièrement grave pour ce qui est des
jeunes dits « difficiles ». Si des jeunes des quartiers, des cités, se montrent « difficiles », c’est, entre autres raisons, parce qu’ils se sentent (et sont objectivement) victimes de méfiance et de rejet. À travers la vidéosurveillance, on leur signifie qu’à l’école aussi on se méfie d’eux.

- D’un côté, on risque de renforcer la vision de certains élèves selon laquelle l’équipe éducative de l’établissement cherche à les "coincer" (et, de fait, une école barricadée ferait évoluer le rôle des équipes éducatives
vers celui de gardien de prison). D’un autre côté, la vidéosurveillance dans les établissements contribuerait à installer ou renforcer chez certaines personnes de l’Éducation Nationale, chez certains parents et dans
la population, la représentation selon laquelle beaucoup d’élèves seraient des voyous potentiels.

La vidéosurveillance n’est que l’une de ces échappatoires qui visent à s’affranchir d’une vraie réflexion sur les causes des problèmes. Chômage, précarisation massive, manque de travail à la sortie des études... Cette société applique une violence sociale contre tous, en premier lieu contre la
jeunesse. C’est cette réalité que l’on veut masquer. Cela va de pair avec toute une politique ultrasécuritaire dans le société et à l’école.

Pour tous les jeunes, y compris ceux qui connaissent des conditions de vie très difficiles, l’école doit être un lieu de vie ouvert et accueillant : elle ne doit pas apparaître comme une prison avec ses caméras, ses contrôles par codes-barres, ses portillons, etc...

Signatures :  103

Date Nom Profession Ville
Janvier 2009 El ghachi Fatma Gestionnaire de comptes de droits d'auteurs dramatique spip.php?page=article&id_article=92230
Mars 2008 STHEMER christine professeur carcassonne
Janvier 2008 Parédé Stéphane Etudiant en Droit Nîmes
Décembre 2007 POUPET Joris AE TICE DOUZY
Décembre 2007 AUTARD Julie Etudiante Grenoble
Novembre 2007 VAZ Jean retraité e.n. Marcillac 12330
Avril 2007 RIVET Stéphanie sans
Mars 2007 MARIE Anne
Janvier 2007 SALIN Catherine Professeur des écoles Besançon
Octobre 2006 GUIHOMAT Pierre étudiant Saint Malo
Septembre 2006 BOIDIER, Marie-Claude enseignante Roubaix
Août 2006 BEGHIN Marc conferencier en histoire contemporaine Mogneneins
Mars 2006 MAUPOME Charlotte PLP2 Lettres-Histoire souillac
Mars 2006 ROUSSELLE Jimmy etudiant liancourt
Janvier 2006 DORIZON Hervé COP Dinan
Décembre 2005 ANDRY Nicolas PLP Lettres Histoire Tours/St Pierre
Novembre 2005 ALONSO Bruno Orléans Orléans
Novembre 2005 OLIVAN Agnès PE Lescure (09)
Novembre 2005 BRIAND André & Josiane Retraités Tours
Novembre 2005 BERNABEU Nathalie M-I Lescure
Novembre 2005 DURAND Régis professeur de lettres classiques Bourcefranc le Chapus (17)
Novembre 2005 LAMBERT Nicolas professeur des ecoles THUIR
Novembre 2005 CHEVALIER Christine prof EPS Langeac
Octobre 2005 FERNANDES J-Philippe Professeur des écoles St Etienne
Octobre 2005 LOMENECH Eve enseignante Neuilly sur Marne
Octobre 2005 BLAISE Didier enseignant Blois
Octobre 2005 HOIBIAN Magda institutrice Lyon
Octobre 2005 DE ROTALIER Bruno Enseignant Paris
Octobre 2005 BRIAND Frédéric Aide-Documentaliste Tours
Octobre 2005 NASSOY Jérôme Prof stagiaire en anglais Collège Anatole France, Montataire (60)
Octobre 2005 BAUD Anne-Laure professeur des écoles stagiaire Besançon
Octobre 2005 MINARD, Julien professeur Paris
Octobre 2005 MARESCHAL, Paul Professeur des écoles Montreuil
Octobre 2005 CLERC Stéphane enseignant Chalon-sur-Saône
Septembre 2005 GERMAIN Yann Étudiant
Septembre 2005 GAYE Franck Professeur NICE
Septembre 2005 FAIVRE Patrick instituteur 77100 MEAUX
Septembre 2005 GAILLARD Séverine
Septembre 2005 COCHET Herve enseignant Draveil
Septembre 2005 GRIETENS Gwenaelle Enseignante La Roche Sur Yon

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