Mobilisation inter-degré à Nanterre : de la maternelle à l’université

jeudi 10 mai 2018

Sud éducation Hauts-de-Seine a été, cet hiver, moteur dans la constitution d’une mobilisation sur Nanterre à l’échelle de la ville. Des échanges ont été noués entre lycées et faculté (Paris X) depuis que nous savons à quelle sauce nos futur-es étudiant-es vont être mangé-es avec Parcoursup. Des AG communes ont eu lieu, ainsi que des interventions de profs de lycée à la fac et inversement. Nous avons donc eu l’idée d’étendre sur l’ensemble du secteur de l’éducation, de la maternelle à l’université, en passant par les parents, rouage essentiel pour mobiliser sur les questions de droit à l’éducation pour tout-es. Nous avons convoqué une AG de ville le 15 mars sur cette thématique. CP à 12, cumulés aux non-remplacements qui font exploser les effectifs dans les autres niveaux, jusqu’à 30 voire plus dans certaines écoles ; réforme du lycée et du bac, Parcoursup, loi ORE…
Une cinquantaine de personnes, professeur-es du 1er, du 2nd degré, de la fac, étudiant-es, quelques parents d’élèves. La discussion, particulièrement riche, a abouti à deux propositions :
• élargir sur la ville en passant dans les écoles, en binômes ou trinômes inter-degré, afin de faire comprendre aux collègues la logique sous-tendue par les contre-réformes en cours ;
• rédiger un tract à destination des parents.

Des collègues, d’habitude non militant-es, se sont impliqué-es et s’impliquent encore aujourd’hui, en passant parfois avec nous dans les écoles ou en venant en AG. Nous avons abouti assez vite à la proposition de faire deux jours forts, les 29 et 30 mars : nuit des écoles le 29, journée garderie (en primaire) ou école morte (au collège) le 30, sur 13 établissements, 4 pôles. La nuit des écoles a permis d’informer les parents et de rendre visible le mouvement : des journalistes étaient présent-es, ainsi que des élu-es de Nanterre. 23 élèves au collège Doucet le 30 mars, l’école morte a donc bien fonctionné.
Des pistes pour mai-juin : des occupations d’écoles ; des marches qui relieraient l’ensemble des écoles d’un quartier afin de converger vers un lieu commun pour y refaire une nuit des écoles.

Ce que cette mobilisation apporte :

Les parents sont devenus moteurs de cette mobilisation : une marche des parents du quartier du Parc (REP+) a eu lieu le jeudi 12 avril, à leur propre initiative. Pas loin de 100 parents et quelques profs (de Sud) ont circulé d’école en école. Le syndicat a soutenu le collectif naissant. Les propositions ont germé spontanément au sein des écoles. Nous gardons en tête cet objectif : faire converger tout le monde en évitant l’éparpillement des luttes de chaque école/quartier. Quelques écoles se mobilisent pour leurs revendications propres, parents et enseignant-es réuni-es, à Voltaire, Langevin (problèmes de locaux, de sureffectifs).

Les limites : trop peu d’écoles encore mobilisées bien que toutes les équipes (ou presque) soient conscientes de la nécessité de se bouger. De la résignation, le « nez dans le guidon », le sentiment d’impuissance qu’on peut ressentir : notre travail est, et sera, de faire ressentir la nécessité impérieuse de se mobiliser. L’idée de la grève n’a pas encore germé. Le travail en amont est fait (créer du lien entre collègues, faire ressortir la logique du gouvernement pour montrer qu’on a des intérêts communs). Nous sommes convaincu-es que ce sera notre seule possibilité de gagner contre la loi ORE, sauf à n’attendre que des miettes que certain-es auront, d’autres pas. Les défaites de 2003, 2010 sont encore dans les têtes, à nous de trouver les solutions pour recréer des victoires.

Sud éducation Hauts-de-Seine

La fac de Nanterre est en ébullition !
Occupation d’un bâtiment depuis le 10 avril, actions de blocage la semaine des partiels, AG à 1800, le 17 avril, avec reconduction de la grève jusqu’au 19 avril au moins. Les CRS sont venus expulser les étudiant-es réuni-es en AG le 9 avril, à l’initiative du président de la fac, sept interpellations côté militant-es, dont trois gardes à vue et un contrôle judiciaire. Sud éducation soutient et participe aux mobilisations dans les facs contre la loi ORE et dénonce la répression subie par personnels et étudiant-es.