Maintenant un autre syndicalisme est possible

vendredi 14 juillet 2006
mis à jour samedi 2 septembre 2006

Huit ans après son congrès fondateur, la fédération Sud éducation continue sa construction et compte aujourd’hui 70 syndicats académiques ou départementaux. Près de 30000 salariés lui portent leur voix dans les différentes élections professionnelles.

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Parce que nous nous opposons à l’éclatement des statuts et à la multiplication des catégories, parce que nous constatons chaque jour que le syndicalisme catégoriel est une impasse, Sud éducation entend rassembler tous les personnels de l’éducation nationale et de la Recherche [1], actifs et retraités, titulaires et non-titulaires. C’est cela que nous appelons un syndicat intercatégoriel.

Dans les luttes contre l’autoritarisme réactionnaire du ministre Allègre, des syndicats Sud éducation se sont développés et d’autres ont vu le jour. Dans les grandes grèves de 2003 contre la suppression des MI/SE, le licenciement des emplois-jeunes, la décentralisation des TOS et la casse des retraites, nombre de militants et de syndicats Sud éducation ont montré leur engagement dans la grève reconductible, leur disponibilité pour travailler à la mobilisation des salariés de tous les secteurs, et à la mise en place d’assemblées générales de grévistes. C’est cela que nous appelons le syndicalisme de lutte.

Malgré l’engagement de milliers de salariés dans la grève reconductible, le printemps 2003 s’est soldé par une défaite que le monde du travail paye encore aujourd’hui. Les syndicats Sud éducation ont quand même vu leurs effectifs augmenter à la rentrée suivante. En 2005, nous avons tenté de nous mobiliser aux côtés des lycéens contre la loi Fillon de régression scolaire. Ce ne fut pas l’attitude de toutes les organisations syndicales présentes dans l’éducation nationale.

Dès février 2006, les syndicats Sud éducation ont favorisé la convergence entre les étudiants, les personnels de l’éducation nationale et l’ensemble du monde du travail contre la précarisation généralisée de nos vies illustrée par le projet de mise en place du CPE. Partout nous avons défendu que ce conflit ne devait pas concerner les seuls étudiants, que c’était bien le Code du Travail qui était visé et qu’il fallait combattre l’ensemble de la loi sur « l’égalité des chances », celle qui, plus encore que la loi Fillon organise la sélection précoce de milliers d’enfants des milieux populaires en instaurant l’apprentissage à 14 ans et la possibilité du travail de nuit à 15 ans. Dans de nombreux départements nous avons tenté de mobiliser les personnels de l’éducation nationale. Là encore, avec les camarades de l’Union syndicale Solidaires [2], nous avons participé aux grèves et aux manifestations, tentant de tirer le mouvement au-delà de la seule revendication de retrait du CPE. C’est cela que nous appelons le syndicalisme interprofessionnel.

Nous tentons également de porter ce syndicalisme interprofessionnel, avec l’Union Solidaires, dans les mobilisations en défense des services publics et dans les mobilisations et forum sociaux contre l’Europe libérale et la marchandisation du monde. Et parce que le syndicalisme c’est avant tout la solidarité active envers les plus démunis, nous sommes et nous resterons aux côtés des sans-papiers ; de là notre implication importante dans les Réseaux Education Sans Frontières de nombreux départements pour tenter d’enrayer les expulsions de nos élèves prévues par Sarkozy.

Face à un gouvernement réactionnaire, sécuritaire et engagé dans une logique continue de régression sociale aux côtés du Medef et de « l’internationale des actionnaires », il nous paraît indispensable de renforcer l’indépendance syndicale, à l’égard de toutes les organisations politiques, indispensable de renforcer une organisation syndicale qui favorise l’implication de toutes et tous dans sa vie démocratique (assemblées générales d’adhérents, limitation des décharges de service, rotation des responsabilités). Cette année encore, l’avalanche des mesures Fillon/De Robien, les 7500 suppressions de postes, les options proposées au TOS dans le cadre de la décentralisation, rendent toujours plus nécessaire le choix d’un syndicalisme de lutte dans l’éducation.

Plus nombreux nous serons plus forts.


[1Instituteurs, professeurs d’école, certifiés, agrégés, Conseiller d’orientation, techniciens, Assistants d’éducation, PLP, personnels ouvriers, Assistantes sociales, CPE, enseignants du supérieur, etc.

[2Solidaires regroupe aujourd’hui 90000 adhérents du secteur privé et public dans 39 fédérations ou syndicats nationaux.

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