MGI : le point sur la situation et les mobilisations

jeudi 12 janvier 2006

La MGI, l’une des trois missions de l’Education Nationale avec la formation initiale et la formation continue depuis 1986, prend en charge des élèves qui n’ont pas été affectés après la 3ème, souvent faute de place, des élèves qui pensaient partir en apprentissage mais n’ont pas trouvé de patron, des élèves qui ont échoué à leur examen, ou plus largement qui ont décroché ou sont en passe de décrocher du système scolaire et à qui on redonne une chance de pouvoir accéder à une formation qualifiante. Bref, c’est exactement le genre de dipositif que le gouvernement entend détruire ou transférer vers d’autres instances (exemple les contrats CIVIS du plan Borloo qui visent un public identique mais dont la finalité est tout autre puisqu’il n’y est plus question d’éducation et de formation).

La MGI connait actuellement des soucis budgétaires résultats d’une gestion à court terme, sans suivi ni programmation, qui a non seulement maintenu la MGI, ses structures et ses personnels dans la précarité et la marginalisation, mais va certainement amener la France à rembourser 55 millions d’euros au Fonds social Européen (qui la cofinance à hauteur de 45% depuis 2000) pour défaut de traçabilité suffisante dans l’utilisation des moyens et conduire la MGI à mettre la clef sur la porte, en laissant sur le carreau les personnels (en majorité précaires) et les jeunes qu’ils prennent en charge.

Parce qu’il est inadmissible que les jeunes (qui les prendra en charge ? dans quelles conditions ?) et le personnel MGI (non renouvellement des contrats en janvier au pire ou en septembre 2006, quelles fonctions pour les titulaires s’il y a fermeture d’actions ?) paient le prix d’une gestion financière hasardeuse, les personnels MGI de nombreuses académies ont réagi et lancé une campagne de mobilisation (pétitions, courriers, demande d’audience...) auprès des acteurs de l’Education Nationale, des élus, et des parents d’élèves, ceci afin d’obtenir du ministère et du gouvernement des réponses claires et un véritable ré-engagement dans cette mission.

SITUATION AU 3/01/2006

-  année scolaire 2005/2006  : il semble que suite aux événements de novembre (flambée dans de nombreuses villes de France) et à la pression mise sur le ministère, les crédits MGI seront suffisants pour terminer l’année scolaire 2005/2006 sur l’ensemble des académies. Cependant impossible de savoir quelles sommes l’Etat a décidé d’allouer à la MGI pour l’année 2006 et ce d’autant plus que nous entrons désormais dans le cadre de la LOLF. Donc toujours aucune
info sur le devenir de la MGI après 2006 (avec ou sans FSE puisque de toute façon le plan pluriannuel d’attribution de FSE se terminait en décembre 2006).

-  résultats des audiences et des mobilistions en cours sur de nombreuses académies

  • les mouvements locaux ont permis le réemploi des contractuels sur un bon nombre d’académies
  • des articles dans les journaux locaux et nationaux
  • une pression sur le ministère qui commence à se faire sentir : sur Lyon le personnel MGI en lutte avec les personnels précaires ont fait fuir M. de Robien ; une circulaire datée du 1 décembre qui permet au personnel d’enseignement d’orientation et MGI d’entrer dans le cadre de la loi Dutreil sur les CDI dont ils étaient exlus jusqu’à présent
  • De nombreux élus sollicités localement par les personnels MGI interpellent les rectorats et le gouvernement (ex. question de Montebourg lors d’une séance à l’assemblée)
  • des personnels ont saisi ou vont saisir le tribunal administratif pour la requalification de leur CDD (ex Dijon, Créteil...)
  • les syndicats se mobilisent également : des pétitions, à l’appel de collectifs locaux de personnels ou de syndicats circulent dans les établissements également et une journée nationale et décentralisée de mobilisation est prévue le 26 janvier avec appel à la grève et rassemblement devant les rectorats (heure à définir localement)

Il est nécessaire de continuer la pression sur le ministère par des courriers aux élus pour qu’ils interpellent recteurs et gouvernement, obtenir des articles dans les média syndicaux, locaux et nationaux, demander des audiences auprès de vos inspecteurs académiques et recteurs pour obtenir des réponses claires concernant le devenir de la MGI, alerter les fédérations de parents d’élèves, faire voter dans les CA des bahuts des motions de soutien, faire signer les pétitions, se tenir et tenir informer de la situation locale et nationale : par le biais des syndicats et de la coordination nationale qui semble se mettre en place, coordonner ses actions avec celles qui peuvent exister au niveau local sur la question des précaires ou des copsy notamment...


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