Les jardins d’éveil

Un jardin d’Eden pour l’école catholique
lundi 26 octobre 2009

Alors que le premier jardin d’éveil
vient d’ouvrir à Caussade dans le
Tarn-et-Garonne, avec un taux d’encadrement de 3 adultes pour 12 à
24 enfants et un coût, à la charge
des familles, allant de 42,5 à 178
euros par mois, l’enseignement
catholique avance ses pions. C’est
l’occasion pour lui de capter la
« clientèle » dès le plus jeune âge pour
la fidéliser ensuite. derrière la
volonté gouvernementale de faire
des économies se cache — mal — un
magnifique cadeau à l’enseignement
privé.

Humanisme chrétien ou logique marketing ?

Dans les « orientations du comité national de l’enseignement catholique » (juillet 2008), on peut lire qu’étant donné « la fermeture de classes réservées aux enfants de 2 ans (…) le recrutement des écoles maternelles et élémentaires de l’enseignement catholique (…) risque d’être gravement déstabilisé ».

L’enseignement catholique doit donc « imaginer des dispositifs pour rester présent dans la tranche des 2 ans ». Dans ce contexte, la création des jardins d’éveil tombe à pic...

Déshabiller Jules pour habiller Benoît.

Dans le numéro 321 de la revue Enseignement Catholique Actualités (ECA), Éric de Labarre, secrétaire général de l’Enseignement catholique, écrivait dès février 2008 : « Au moment où l’Éducation nationale se désengage à l’égard des moins de trois ans, le temps est sans doute venu pour les établissements catholiques de redécouvrir leurs savoir-faire spécifiques pour l’accueil des tout petits dès dix-huit mois (ou même en-deçà) ». On ne peut être plus clair. Or, nous apprenons aujourd’hui du Conseil National des Associations Familiales laïques (CNAFAL) qu’à cette même date l’enseignement catholique et la Caisse Nationale d’Allocations Familiales travaillaient déjà en catimini sur le dossier « jardin d’éveil ». Faut-il y voir un lien avec le fait que Jean-Louis Deroussen, président de la CNAFAL, est aussi le secrétaire général adjoint de la CFTC [1] ?

Écoutons ce philanthrope : « S’il y avait un projet d’expérimentation de l’enseignement catholique, je vois mal la branche famille refuser d’y participer d’une manière ou d’une autre », et « si l’enseignement catholique est le premier à lancer des expérimentations, il ne peut qu’être favorablement accueilli » (ECA, février 2008). Pourquoi se gêner ?

Non seulement on déroule le tapis rouge à l’enseignement privé, mais en plus on lui remplit les poches avec les deniers publics ! Plus que jamais, nous devons être vigilants pour la défense de la laïcité et de l’école maternelle publique.

Sud éducation Mayenne


[1Confédération Française des Travailleurs Chrétiens