Les Sciences Sociales au lycée pulvérisées par le patronat

samedi 5 juin 2010

La réforme Chatel de la classe de seconde des lycées généraux et technologiques, censée s’appliquer dès la rentrée 2010, impliquerait pour les Sciences Économiques et Sociales une véritable dénaturation pédagogique et idéologique. Depuis la fin des années 1970, le patronat mène une campagne contre les S.E.S., discipline nouvelle apparue en 1965. La réforme Chatel marque le succès de cette campagne menée contre un enseignement « trop critique » face au déferlement de la vulgate économique néolibérale.

Non seulement l’horaire hebdomadaire passerait de 2 h 30 à 1 h 30, ce qui empêcherait la pratique des méthodes actives (travaux dirigés en demi-classe), mais le projet de nouveau programme évacue (toujours) un certain nombre de notions fondamentales — souvent d’origine sociologique — pour mieux comprendre la société, comme la famille, les catégories socioprofessionnelles, les inégalités de revenu, le profit et les relations sociales dans l’entreprise. Ce projet, dans un premier temps imposé par des conseillers du ministre au grand dam de certains membres du comité des experts consultés sur son contenu, a été remanié pour apaiser la colère des enseignants suite à une « consultation ».

Ce nouveau programme réduirait ainsi les Sciences Sociales, fondées sur l’idée que l’économique, le social et le politique doivent être étudiés ensemble, à de la micro-économie (le citoyen devient un simple producteur, consommateur et épargnant), dont par ailleurs les étudiants en Sciences Economiques dans le supérieur font une indigestion.

Cerise sur le gâteau, du point de vue des élèves — qui auraient à choisir 2 enseignements d’exploration — l’enseignement des SES serait mis en concurrence avec un enseignement des « Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion », appellation curieuse qui cache une autre réduction de l’économie à la gestion et à l’économie de l’entreprise.

Sud éducation, qui revendique l’intégration des SES dans le tronc commun de tous les élèves, se joint à l’association des professeurs de SES pour exiger le rétablissement de l’intégrité pédagogique et épistémologique de l’enseignement des Sciences Sociales au lycée, gage de la formation de citoyens éclairés dans une société bouleversée par les crises du capitalisme.

Sud éducation Loir-et-Cher

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