Le laboratoire parisien expérimente pour vous la charte light du XXIe siècle

 mars 2001
mis à jour dimanche 3 avril 2005

Sous couvert de modernisation et de dynamisation de l’enseignement professionnel dans l’Académie de Paris, qui s’illustrent par la constitution des "pôles" qui sont une déclinaison des "lycées de métiers", le rectorat et la région Ile-de-France ferment des établissements. Par exemple, le LEI (Lycée d’Enseignement Industriel) Championnet (18ème), dont les formations sont officiellement transférées vers le réseau LP Barrault (13ème) et le LP Chennevières (12ème), alors que ces deux établissements n’ont la capacité d’accueillir ni ses élèves ni son matériel. Il apparaît au travers de cet exemple que l’objectif est bien la suppression des filières "transférées" ainsi que la suppression d’un certain nombre de postes ATOSS et enseignants. Par ailleurs, la baisse démographique est un prétexte : de nombreux élèves sont recrutés par les CFA (Centre de Formation d’Apprentis) et les écoles privées.

Autre exemple concernant deux LP : la tentative de transférer la section ETL (Employé de travaux de laboratoire) du lycée Quinault (15ème) au lycée Vauquelin (13ème) a échoué du fait d’un problème de procédure de financement ; la DHG a été votée à Vauquelin en incorporant les heures de la section ETL de Quinault et Quinault n’a pas voté sa DHG. En conclusion, la section ETL est devenue virtuelle avec le risque de s’évanouir totalement. On voit déjà le cas de sections de la formation initiale avec diplômes nationaux (CAP, BEP...) disparaître au profit de formations issues de la région de type FCIL (Formation Complémentaire d’Initiative Locale), UFA (Unité de Formation par Alternance) et CFA. Nous constatons que ces agissements prendront des figures multiples, identiques ou différentes de celles de Paris, selon les régions (Amiens, Strasbourg, Bretagne et ailleurs) et, qu’à terme, les diplômes nationaux et nos statuts disparaîtront.

Dès le 15 janvier, une coordination des lycées touchés par le "regroupement en réseau" et les suppressions de sections s’est mise en place. Le 18 février, cette coordination soutenue par une intersyndicale a été reçue au ministère par M. Voisin, conseiller technique de M. Mélenchon. L’entrevue n’a abouti à rien. Une autre délégation intersyndicale reçue en audience au rectorat le 1er mars s’est vue opposer un refus catégorique à ces revendications. Une autre entrevue au ministère a eu lieu le 14 mars avec M. Assouline, du cabinet de M. Mélenchon. Ce dernier a nié l’existence des problèmes posés par la délégation.

M. Assouline affirme redynamiser l’enseignement professionnel en permettant au rectorat de Paris de supprimer 2503 heures d’enseignement (sans compter les autres catégories). Voilà une bien curieuse conception d’un enseignement de qualité !

Lycées d’Enseignement Industriel (LEI) - Lycées d’Enseignement Commercial (LEC) : deux spécificités parisiennes

A Paris, depuis sa création au 19e siècle, l’enseignement professionnel a été pris en charge par la ville. Les locaux, les meubles, les machines lui appartiennent. Aujourd’hui les enseignants sont "Éducation nationale" mais le personnel ATOSS est toujours municipal. Il y a encore 30 ans, plus de 80 petits établissements existaient ainsi dans Paris. Ces structures proposaient un large éventail de formations dans de nombreux quartiers.

Par cession à la région Île-de-France ou par fermeture, ces lycées d’enseignement disparaissent peu à peu.

Aujourd’hui les LEI et LEC sont prioritairement visés par la restructuration de l’enseignement professionnel dans l’académie.

Regroupement en réseaux et fermetures entraînent la disparition de ce particularisme. La modernisation de l’outil de travail n’est pas un mal mais nous nous interrogeons sur le recroquevillement des capacités d’accueil des filières professionnelles et sur la définitive disparition du mot enseignement dans toutes les académies, puisqu’il n’existe plus que des lycées professionnels.

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