La proposition de directive européenne sur le temps de travail reste négative

Ne nous laissons pas abuser
mardi 6 janvier 2009

Le débat au Parlement européen sur la proposition de nouvelle « directive sur le temps de travail » a eu pour résultat une situation trompeuse dans laquelle les pouvoirs politiques et les médias font ressortir les aspects les plus positifs socialement, mais passent sous silence et occultent quelques autres contenus fondamentaux qui, malgré tout, peuvent être considérés comme portant totalement atteinte aux intérêts de la majorité.

(Traduction d’un texte rédigé par nos camarades de la CGT Espagne)

La modification du texte qui prétendait rendre possibles des semaines de 65 heures, et une nouvelle rédaction qui veut éliminer la possibilité actuelle qui permet à certains pays des accords individuels sur le temps de travail (opting out), constituent deux barrières à une éventuelle flexibilisation absolue du temps de travail.

un nouveau document qui continue de favoriser la flexibilisation du temps de travail

Mais si nous prenons le temps de regarder l’ensemble des modifications initialement approuvées par le parlement européen lors du vote de mercredi, nous voyons que nous nous trouvons face à un nouveau document qui continue de favoriser la flexibilisation du temps de travail et qui poursuit la tentative de légiférer dans la même direction : la subordination de la vie des travailleuses et des travailleurs aux diktats des entreprises, en aggravant l’actuelle régulation du temps de travail.
- Si jusqu’à présent le décompte de la semaine de 48 heures se faisait sur des périodes de 4 mois, à présent il s’agit d’un décompte annuel, avec toute la marge de flexibilité que cela comporte.
- À l’intérieur de la marge de flexibilité offerte, existe la possibilité d’une limite maximale de jusqu’à 60 heures par semaine dans des périodes de 3 mois.
- Bien que dans certains cas, comme celui des médecins, il semble que soit établie la considération du temps de garde comme temps de travail effectif, il reste d’autres collectifs de travailleurs dont la situation n’est pas aussi clarifiée.
- À présent commence une période de 90 jours au cours desquels la Commission européenne et le Parlement vont démarrer un processus interne de débat pour parvenir à une nouvelle rédaction de cette proposition de directive, si bien que jusqu’à ce moment-là et avec ce nouveau texte, nous ne savons pas comment le temps de travail sera finalement régulé.

Dans le résultat du vote du Parlement européen, la CGT trouve d’énormes raisons de préoccupation, et surtout des raisons de continuer à lutter et à nous mobiliser pour la défense de conditions de travail dignes, face à une situation dégradée dans laquelle la seule formule des pouvoirs publics et économiques semble être privatiser, flexibiliser et précariser. C’est pourquoi, dans la perspective du partage du travail et de la richesse, la CGT va maintenir et intensifier son actuelle campagne de mobilisation.

19 décembre 2008.
Secrétariat Permanent du Comité Confédéral de la CGTe.

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