La lutte des MI-SE/AE à Nantes

une mobilisation exemplaire de la jeunesse salariée
 mars 2003
mis à jour vendredi 14 janvier 2005

Dans l’académie de Nantes, les Maîtres d’Internat - Surveillants d’Externat et les Aides éducateurs sont en "grève illimitée jusqu’à satisfaction des revendications" depuis le 27 novembre 2002. Petite chronologie des événements...

Le 24 septembre 2002, le SNES appelle à une journée de grève nationale et, au moins pour l’académie, à un rassemblement devant le rectorat. Cet appel est relayé localement par SUD, la CGT et le SGEN. Nous sommes reçus en audience au sortir de laquelle nous invitons les personnes présentes à se réunir pour discuter de la construction de la lutte. Les bases de la future intersyndicale MI-SE/AE (SNES, SGEN, CGT, UNSA, FO, FAEN, SUD et UNEF) sont ainsi jetées.

Cette intersyndicale naît le 26 septembre avec pour bases revendicatives : le retrait du projet d’assistant d’éducation, le maintien et l’amélioration du statut d’étudiant-surveillant, le recrutement massif de MI-SE, pas un aide-éduc au chômage, non à la décentralisation visant au démantèlement du service public. A partir de cette date, l’intersyndicale appelle régulièrement à des AG et organise la diffusion de l’information à l’ensemble des collègues.

A la rentrée des vacances de la Toussaint, l’idée de la grève reconductible comme modalité d’action est proposée par l’intersyndicale et adoptée en AG. Un courrier intersyndical appelant à la grève reconductible à partir du 21 novembre est alors envoyé à l’ensemble des collègues de l’académie.

Le 27 novembre, jour de la table ronde ministérielle sur le projet d’assistants d’éducation, nous nous retrouvons nombreux devant la Préfecture où nous sommes reçus une nouvelle fois en audience ; rassemblement à la suite duquel se tient une AG qui réunit près de 250 personnes, où nous votons - à une écrasante majorité - la "grève illimitée jusqu’à satisfaction des revendications". A partir de cette date, l’AG sera le moteur du mouvement sur Nantes, toujours soutenue par l’intersyndicale MI-SE/AE. Au fur et à mesure, le mouvement se structure en différentes commissions (trésorerie, contacts avec la presse, relations avec les différents publics de l’Education nationale, interpro...), avec un comité de grève quotidien. Un site Internet est rapidement mis sur pieds. Des tournées régulières dans les établissements et des campagnes de coup de fil aux collègues sont effectuées, ce qui permet de diffuser massivement les informations qui nous parviennent du ministère et du rectorat, et celles plus propres à notre mouvement et à ses répercussions nationales. De même, nous organisons des piquets de grève devant les établissements du centre-ville, ce qui nous permet d’entrer en contact avec les lycéens. Les manifestations s’enchaînent comme les AG, toujours aussi massives.

Jusqu’aux vacances de Noël, la grève est largement majoritaire et les rues de Nantes sont régulièrement animées par les grévistes et les lycéens. Le préavis de grève académique est immédiatement redéposé au sortir des vacances de Noël. Mais, doucement, la grève s’épuise : absence de réelles perspectives nationales, difficultés pour constituer une lutte inter-catégorielle, retraits sur salaires (5/30ème par mois)... Les semaines passant, le chiffre des grévistes s’effrite, mais une soixantaine de personnes reste très mobilisée et les journées de grève nationale sont toujours - et de plus en plus - un succès (le 17 et le 28 janvier). Fait exemplaire à ce sujet, nous parvenons à mobiliser plus de 130 personnes pour manifester à Paris le 6 février !

L’AG des MI-SE/AE, toujours soutenue par son intersyndicale, n’a eu de cesse de travailler à l’élargissement de la lutte aux autres catégories de personnels : elle a appelé, par exemple, à une AG de tous les personnels le 17 décembre pour discuter de la grève reconductible. Les enseignants mobilisés ont relayé ce travail : ils ont organisé des AG d’établissements, en particulier celle du 28 janvier qui a poussé à la constitution d’une interfédérale (intersyndicale départementale de tous les personnels comprenant FSU, SGEN-CFDT, UNSA, FO, CGT, FAEN et SUD) à laquelle l’AG MI-SE/AE participe. Après maintes batailles, nous avons obtenu un appel commun de toutes les organisations à une AG intercatégorielle le 12 puis le 18 mars où les questions de l’extension, de l’amplification de la lutte et celle de la grève reconductible pour l’ensemble des personnels seront posées (elles figurent même sur l’appel !). Dans le même esprit, un 4 pages pédagogique sur les projets ministériels, en direction de tous les personnels a été rédigé. Pour nous, cette AG du 18 mars sera déterminante : soit un mouvement intercatégoriel s’amorce, soit...

Sébastien Grollier, Myriam Paris & Damien Bucco
(commission MI-SE de SUD Education 44)