La hiérarchie prend des kilos

samedi 15 novembre 2008

EPEP : les menaces se précisent !

Le 29 août dernier, Xavier Darcos s’est prononcé pour la mise en place d’Établissements Publics d’Enseignement Primaire (EPEP) au premier trimestre 2008.

Le 25 septembre, 3 députés UMP — Benoist Apparu (Marne), Guy Geoffroy (Seine-et-Marne) et Frédéric Reiss (Bas-Rhin) — ont déposé une proposition de loi, qui devrait être examiné à partir de janvier.

Que sont les EPEP ? Que changent-ils au fonctionnement des écoles primaires ?

Le projet de décret sur les EPEP répond à la demande du rapport du Haut Conseil à l’Éducation (HCE d’août 2007) de créer un vrai établissement, type collège, dans le premier degré, doté d’un chef d’établissement (permettant, entre autre, d’imposer les réformes ministérielles aux enseignants désignés comme trop lents à appliquer les consignes ministérielles par le Haut Conseil de l’Éducation !).
Actuellement, les écoles sont gérées par les conseils des maîtres (ensemble des enseignants) et les conseils d’écoles (enseignants et parents d’élèves).

Le nouveau projet prévoit des EPEP à partir de 15 classes dans les centres urbains et de 13 en zone rurale. Cet établissement sera géré par un CA de 13 membres : le directeur + 4 représentants des communes + 4 représentants des personnels (3 enseignants + 1 non enseignant) + 4 parents d’élèves soit 1/3 de chaque corps. Les choix pédagogiques des enseignants sont soumis à validation par le CA. La « liberté pédagogique » est donc « encadrée » par les élus municipaux (et donc soumise à leurs choix politiques).

La mise en place des EPEP consacre :

- la mise en place d’un chef d’établissement ;
- la fin de la liberté pédagogique des enseignants du primaire ;
- la fin de l’indépendance pédagogique de l’école par rapport aux pouvoirs politiques locaux ;
- la création d’une hiérarchie entre les collègues des écoles (entre le « chef d’établissement » et les enseignants) ;
- la multiplication des contrats précaires avec la possibilité donnée aux EPEP de recruter directement des personnels non-enseignants ;
- une globalisation des effectifs par EPEP qui entraînera automatiquement la suppression de centaines de postes et la disparitions de petites écoles ;
- la mise en concurrence des écoles entre elles en fonction des « orientations » prises par le chef d’établissement ; concurrence accrue avec la volonté ministérielle de publier et d’afficher les résultats aux évaluations des élèves.

Sud éducation avait déjà exprimé ses craintes sur cette nouvelle étape du démantèlement de l’École Publique après la décentralisation des TOS en 2003-2004.

Contre les renforcements hiérarchiques, nous revendiquons l’augmentation des prérogatives du Conseil des Maîtres et des conseils d’écoles. Nous voulons préserver des écoles de proximité et à taille humaine libre de toute ingérence locale.