La fin des Maîtres d’Internat-Surveillants d’Externat ?

 novembre 2002
mis à jour samedi 15 janvier 2005

5600, c’est le nombre de postes de MI-SE qui ne seront pas renouvelés fin 2002. Leur "statut ne répondant plus aux exigences de l’école", ils seront remplacés par un nouveau corps : les assistants d’éducation. Ce qui étonne, c’est le radicalisme de Luc Ferry. Plutôt que de modifier leurs missions et de revoir leur statut, il met en place un nouveau dispositif. Vous avez été bien gentil, merci. Maintenant dehors ! L’objectif est écrit noir sur blanc dans un communiqué de presse du ministère en date du 25 septembre : "Ces recrutements [d’assistants d’éducation] permettront de remplir les fonctions essentielles actuellement assurées par les MI-SE et les aides-éducateurs".

Il faut savoir qu’un surveillant d’externat à plein temps fait 28h par semaine et gagne environ 950 euros. Un emploi-jeune fait 35h et gagne le SMIC. Si l’on veut construire un 2ème porte avion, il vaut mieux se débarrasser de pions qui coûtent cher pour les remplacer par des personnels payés au SMIC et qui feront 35h.

Si on tient compte des différents types de personnels affectés à des taches de surveillance (Emplois Jeunes, CES/CEC), on constate que les MISE se sont retrouvés minoritaires dans leur fonction dès 98. Les syndicats qui ont accepté la création du sous statut d’Emploi Jeune portent une lourde responsabilité dans la remise en cause du statut des MI-SE. En acceptant que la profession soit scindée en deux puis en trois, ils ont ouvert la porte à la casse du statut et à la disparition d’un acquis social.

Sous le pseudo bon sentiment, une arnaque en règle.
Encore une fois le ministère nous ressort l’argument de la difficulté de suivre un cursus universitaire tout en travaillant. Mais supprimer le statut de MISE, c’est supprimer ce qui se fait de mieux comme travail pour un étudiant. Après cela, l’avenir sera à la généralisation des petits boulots surexploités type Mc Do (déjà très répandus). A l’origine de la création du statut des Mise, il y avait un objectif : permettre aux jeunes de classes défavorisés de pouvoir suivre des études supérieures. Leur disparition s’inscrit dans 2 logiques : celle de la rentabilisation et de la précarisation des personnels de l’EN ainsi que celle de la gestion des flux étudiants. Les études supérieures coûtent cher et il n’est plus question de permettre à tous et toutes de suivre un cursus long. La réforme 3-5-8 de l’université va dans ce sens. Sous couvert d’harmonisation européenne des diplômes, des filières terminales vont être mise en place.

A SUD Éducation, notre objectif est clair : tant que l’on ne garantira pas à tous la possibilité de pouvoir suivre des études sans devoir subir le travail précaire ou faire un emprunt d’études, nous nous battrons contre la suppression du statut des MISE

SUD Éducation Finistère