La casse du statut commence par la formation initiale !

mardi 13 mai 2008

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Trois documents récents laissent percevoir quelles sont les orientations possibles du gouvernement quant à la disparition des statuts : le rapport Pochard de janvier 2008 - Chapitre II.3, Comment recruter et former les enseignants, le rapport Geoffroy d’octobre 2007 sur L’intégration des Iufm au sein des universités et le texte de la conférence des directeurs d’Iufm de novembre 2007 intitulé Certification, formation, recrutement pour les métiers de l’enseignement.

Il s’agit là de proposer des solutions radicales de transformation du système, dans le cadre affirmé d’une harmonisation européenne : objectif avoué, développer la concurrence.

1ère étape : la formation

Création d’un Master professionnel “Métiers de l’Education et de l’Enseignement” au sein des universités, dont la 5e année verrait les stagiaires - pardon, les étudiants - travailler à mi-temps pendant toute l’année dans les établissements scolaires, pour le plus grand bénéfice de l’Etat. Il y aurait évidemment une sélection à l’entrée en Master (les directeurs d’Iufm proposent même une double sélection, à l’entrée en master 1 puis en master 2, histoire de bien développer le bachotage).

2e étape : le recrutement

A minima, ils proposent d’alléger les concours, de créer des Capes bivalents, voire polyvalents (suite logique du Master des métiers de l’enseignement !), de régionaliser les concours du Second degré.

Mais c’est encore insuffisant ! Le rapport Pochard est explicite : on pourrait se passer de tout concours et se contenter de l’établissement d’une liste d’enseignants à recruter par l’instance locale (Rectorat, IA, BEC, circonscription du 1er degré, ce n’est pas très précis) parmi les titulaires du Master, correspondant aux besoins (enfin, à leurs besoins !). Ou même, troisième hypothèse, la possibilité que les titulaires du master fassent acte de candidature auprès des établissements et passent un entretien d’embauche (auprès du Drh ?). Il faudrait cependant, ajoute Pochard sans rire, fixer des règles nationales.

L’ouverture à la concurrence s’accentue puisque les ressortissants de l’UE, titulaires d’un Master, pourront postuler aux postes d’enseignants en France.

Dans aucun de ces rapports, le mot fonctionnaire d’Etat n’apparaît : sous quel statut seront recrutés les futurs collègues ? Probablement en Cdi pour respecter l’harmonisation européenne.

3e étape : pas de formation, pas de statut

Mais ce n’est pas assez, le rapport propose également le recrutement de “professeurs associés”, pour une durée limitée, éventuellement à temps partiel, et sans aucune condition de diplôme. Le développement de la précarité, il est vrai que le Ministère le connaît déjà…

Le rapport Pochard préconise la promotion de jeunes issus des zones difficiles, celles où les enseignants ne veulent pas rester, par l’attribution de bourses après la troisième : “On renforcerait ainsi le vivier d’enseignants issu de la promotion sociale et dont on peut espérer qu’ils constitueraient une population plus stable dans les académies fuies aujourd’hui par les néo-titulaires.” Belle perspective pour les jeunes des ghettos de s’y voir confiner dans le rôle de grands frères pompiers.

Même si le recrutement par concours est imparfait, il permet un traitement égal des candidats et garantit l’accès à la Fonction publique. Sud éducation, dans l’unité, appellera les personnels à se mobiliser devant toute remise en cause des statuts.

Commission fédérale Formation Initiale et Continue des Personnels

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