Globalisation/Mondialisation

 2004
mis à jour dimanche 6 février 2005

GLOBALISATION : processus de conception au niveau mondial de la gestion et de l’organisation d’une entreprise. Cette situation résulte d’une stratégie d’internationalisation qui recherche des économies d’échelle au niveau mondial. La mondialisation des économies est le résultat, mais aussi une des raisons de cette stratégie.

MONDIALISATION : processus par lequel les économies nationales ont tendance à se fondre dans un système d’organisation de la production et des échanges à l’échelle mondiale. La mondialisation, particulièrement celle des marchés des capitaux, renforce la contrainte extérieure.
Economie-Droit, Vocabulaire, théories & concepts -
1° cycle universitaire - Editions Techniplus

Mais quel système d’organisation de la production et des échanges ?

Celui qui vise à étendre le principe libéral de l’économie de marché à l’ensemble de la planète, le fait que des produits consommés ici soient fabriqués en Asie du Sud Est, que Coca Cola soit une marque connue partout dans le monde, que les yaourts Danone soient consommés en Chine, que les japonais financent la dette publique américaine en achetant des Bons du Trésor (des USA).

Mais les marchés, c’est quoi ? Laissons la parole à un certain Nicholas Vanston - Département des affaires économiques - dans un texte intitulé « La mondialisation à visage humain ( !) », en première page du site de l’Observateur de l’OCDE :

« Certains considèrent que les marchés sont inhumains, destructeurs , impitoyables et implacables. Mais que sont les marchés en réalité ? Il s’agit tout simplement de personnes normales ayant des choses à vendre et des choses à acheter au meilleur prix. Autrement dit, l’antithèse même de décisions prises par des bureaucrates et des planificateurs anonymes, qui influent sur la vie de milliers de personnes sans la moindre consultation ou possibilité de recours. [...] Prenons l’exemple de Mc Donald’s, devenu la cible universelle des mouvements antimondialisation -alors qu’il y a aujourd’hui beaucoup plus de restaurants japonais que de Mc Donald’s dans une ville comme Paris, par exemple. Cette chaîne de restauration rapide ne poserait un problème que si personne d’autre n’avait le droit de vendre des hamburgers ou s’il n’y avait pas d’autres restaurants. Or, grâce à la mondialisation, ce n’est pas le cas ... »

On retrouve là l’idée (?) des économistes libéraux selon laquelle la somme des intérêts individuels conduit à l’intérêt général. Et pourtant, le concept d’intérêt général est généralement associé à ceux d’Etat et de services publics. Mais, dans les économies des pays développés, se répand l’idée que les domaines traditionnels relevant de l’intérêt général, comme ceux de l’énergie, des transports, des télécommunications - ou encore de l’éducation et de la santé - doivent être considérés comme relevant de l’intérêt particulier et soumis à la loi du marché. Ainsi savoir et culture deviennent facteurs de production et sont transformés en marchandise. Et la « révolution informationnelle » a rendu possible pour les entreprises la mise en œuvre de nouveaux systèmes de communication, de commandement et de contrôle à l’échelle planétaire. La recherche, la conception et la production peuvent être situées et coordonnées dans différentes parties du monde sans avoir à être localisées en un site unique, tandis que les ventes sont devenues mondiales.

La mondialisation libérale se produit aujourd’hui comme processus de débordement systématique des Etats de droit par les multinationales et les marchés financiers . Se présentant comme une adaptation de l’offre à la demande, comme soumission des offres, des produits et des rapports de production aux « diktats » de demandes consensuelles, elle invoque, pour se légitimer, une objectivité dépendante de la satisfaction effective et efficace du maximum de désirs entourée du respect de l’indépendance des individus et des peuples. Cette mondialisation donne alors au marché hégémonique mondial le rôle d’instance infaillible dévolue par les religions archaïques au sacré et interdit de critiquer le bien suprême qu’il est présumé distribuer.

La financiarisation des économies se manifeste, depuis les années quatre-vingts, par la priorité donnée au capital spéculatif, virtuel (les actifs financiers des investisseurs institutionnels et des fonds de pension) sur les investissements productifs. Les fusions-acquisitions connaissent une véritable explosion mais ces mouvements, volatils, de capitaux à la recherche de placements à court terme amènent à la « corporate gouvernance » (gouvernement des actionnaires) qui induit les techniques du management libéral dont on connaît les ravages en termes d’emplois : dictature de la compétence mesurée par la seule performance, juste-à-temps et, donc, flexibilité, individualisation du rapport de production à l’encontre du collectif de travail. La contrainte n’est plus interne à la gestion de la production mais fondée sur la « dictature » des clients, des actionnaires, des marchés, eux-mêmes personnifiés.

Ainsi s’organise, outre la colonisation du monde par la marchandise et la monétarisation du lien social, une individualisation des rapports sociaux débouchant sur une « contractualisation » généralisée.

Procédant à l’élimination systématique des offices publics qui garantissent d’autres activités que la production/consommation, elle entraîne la disparition du monde commun (au sens de l’établissement de
rapports autres que marchands entre les individus.)
Résultat d’une stratégie consciente et planifiée par les entreprises multinationales, elle n’est pas seulement une conception de l’économie mais une idéologie dont les tenants tentent de convaincre que l’ordre économique et financier est immanent et qu’il convient de s’incliner religieusement devant les marchés.

Quant à nous, qui nous inscrivons dans la tradition internationaliste, nous refusons la globalisation ou la mondialisation capitaliste. Nous affirmons notre ancrage à une mondialisation solidaire.

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