Face aux lois d’exception, imposons « l’urgence sociale »

dimanche 11 décembre 2005
mis à jour samedi 25 août 2007

Après quinze jours de violences spectaculaires, les « cités » et les quartiers populaires ne font plus l’actualité. La misère, l’exclusion, les discriminations demeurent.

Pendant ce temps, le gouvernement, qui a répondu par une loi d’exception, "l’état d’urgence", met en place des mesures de plus en plus répressives et injustes, dirigées contre les étrangers, contre les familles en difficulté, contre les élèves en échec scolaire. Des poursuites systématiques ont entraîné de lourdes condamnations au terme de procès expéditifs. La surenchère législative sécuritaire se poursuit sans répit. Le projet de loi de lutte contre le terrorisme, les projets annoncés de loi sur la « prévention de la délinquance » et, à nouveau sur l’immigration, vont désigner une fois encore les mêmes boucs émissaires.

Des ministres, des parlementaires et des élus déversent quotidiennement des propos scandaleux aux relents xénophobes : une dérive d’extrême droite menace nos libertés.

Le gouvernement choisit de multiplier les réformes fiscales au bénéfice des plus privilégiés et prône la suppression des ZEP, l’apprentissage dès 14 ans et la privation d’allocations familiales aux familles qui en ont le plus besoin...

La politique, entreprise par le gouvernement, de démantèlement des services publics, de privatisation, de licenciement, de chômage, conduit à plus de précarité et d’exclusion : une dérive ultra-libérale menace tous les droits sociaux.

Nous refusons cette régression sociale et sécuritaire. Nous refusons qu’une logique de haine et de guerre sociale réponde à la révolte contre les discriminations et les inégalités. Nous voulons construire ensemble une autre perspective, celle de la défense des libertés et des droits sociaux, celle du rétablissement de l’égalité, celle du respect de tous les habitants de ce pays.

C’est pourquoi nos organisations sollicitent une audience auprès du premier ministre :

- pour demander la levée de l’état d’urgence et la garantie de nos libertés
- pour l’arrêt des discriminations et le respect de l’égalité des droits
- pour un « état d’urgence sociale »

et appellent à un rassemblement :

pour l’espoir et pour l’égalité

Jeudi 15 décembre, à 18h30, devant l’hôtel Matignon

(angle de la rue de Varennes et de la rue du Bac)

A l’appel des Alternatifs, Alternative Citoyenne, Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’ACORT), l’Association 17 octobre 1961 contre l’oubli, Association Les Oranges, ATMF, CADAC, Cedetim, CNDF, Coordination anti-vidéosurveillance d’Ile-de-France, CRLDHT, CSF, Droits devant !, Droit Solidarité, FASTI, Fédération SUD éducation, Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fondation Copernic, FSU, GISTI, JCR, LCR, Les Verts, Ligue des droits de l’Homme, Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale (MARS), Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), Mouvement National des Chômeurs et Précaires, Mouvement de la Paix, MRAP, PCF, Peuple et Culture, Ras l’front, Rassemblement des Associations Citoyenne des Originaires de Turquie (RACORT), Réseaux citoyens de Saint-Etienne, Réseau No Pasaran, SCALP-Reflex, Syndicat de la Magistrature, UJFP, Union Syndicale Solidaires, Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens - Paris et Ile-de-France (UTIT-PIDF), UNL.

(Une délégation de nos organisations se rendra auprès des services du Premier ministre pour y porter nos exigences)