Enseignant-es, soyons solidaires avec les agent-es !

mardi 9 mai 2017

Depuis la loi sur la décentralisation de 2003, les agent-es travaillent pour les collectivités territoriales. Suite à cette réforme, ils/elles ont eu le choix de devenir fonctionnaire territorial-e ou de rester fonctionnaire d’État, mais la hiérarchie a exercé des pressions pour les faire intègrer les collectivités.

Certain-es agent-es ont pu résister, sur les bases des revendications de Sud éducation et sont resté-es à l’Éducation nationale. Aujourd’hui minoritaires (5% de leur corps de métier), ils/elles sont en position de détachement de longue durée auprès de la collectivité dont ils/elles dépendent. Ce statut leur garantit une certaine sécurité vis-à-vis des Conseils départementaux et régionaux.

Une situation dégradée

Néanmoins cette situation n’est pas une victoire. Balloté-es entre les deux fonctions publiques, les agent-es sont soumis-es aux pouvoir et contrôle, de plus en plus renforcés, des différentes hiérarchies : les chef-fes d’établissement restent leur supérieur-e, tout comme les gestionnaires. La réforme de l’évaluation, subie par les agent-es depuis 2010, en est le triste exemple. Le rectorat demande, à la cheffe/au chef d’établissement, un avis sur la manière de servir des agent-es susceptibles d’avoir un avancement de grade par le biais de la Capa (Commission paritaire académique)… mais, souvent, le rectorat n’a pas de retour donc le dossier est bloqué et l’avancement de grade n’a pas lieu. Un avant-goût de ce qui nous attend avec la réforme de l’évaluation…
Face au mépris affiché, concernant leurs conditions de travail, ainsi qu’à la gestion inhumaine des équipes, aussi bien de la part du Conseil départemental/régional que des gestionnaires, les arrêts maladie se multiplient. Les collègues ne tiennent plus le rythme qu’on leur impose : toujours plus de travail avec toujours moins de moyens. Les postes aménagés [1] sont trop rarement respectés, les remplacements trop rarement assurés. Cette réalité est peu connue du corps enseignant qui pourrait pourtant se retrouver confronté, plus vite qu’on ne le pense, aux mêmes problématiques. En effet, le remplacement des collègues absent-es, la fusion des disciplines (les SVT sont rapprochés des Sciences physiques avec la Technologie dans le fameux « pôle sciences » au collège...) sont déjà un mauvais présage.

Solidarité avec nos collègues

Certain-es collègues enseignant-es en ont pris conscience. Des luttes voient le jour comme au lycée Jean-Rostand de Villepinte (93). Au cours de l’année dernière, ils/elles ont soutenu les agent-es et ont obtenu l’embauche de tout-es les CUI en tant que contractuel-les, alors que leur contrat ne devait pas être renouvelé. Enfin, deux postes à temps plein ont été créés dans l’établissement.
Cette année, toujours dans le 93, les agent-es de collèges, régulièrement en grève depuis le mois de novembre, ont organisé des assemblées générales et rassemblements devant le Conseil départemental. Lors de la journée d’action du 20 mars, près de 200 personnes se sont rassemblées, agent-es et enseignant-es confondu-es. Le Département a, alors, proposé 15 CAE, prétextant qu’il n’y avait pas d’argent pour autre chose. Cette réponse conduit à encore plus de précarisation pour les agent-es. Les élu-es ne sont pas si frileux-euses lorsqu’il s’agit d’un projet plus rentable, tel que les JO ! En effet, M. Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, s’engage à débourser plusieurs millions d’euros pour les futurs Jeux Olympiques. Une somme équivalent à l’embauche annuelle de près de 2 800 agent-es !
La hiérarchie cherche à nous diviser. N’oublions pas que les agent-es restent nos collègues, qu’ils/elles dépendent du Conseil départemental ou du Conseil régional ! Rapprochons-nous des agent-es qui subissent des conditions de travail déplorables. Soutenons-les, lorsque la hiérarchie veut faire pression sur eux/elles. Leurs luttes sont aussi les nôtres.

Fédération Sud éducation


[1Mise en place d’un service réduit, ou aménagement pour que l’agent-e n’effectue pas certaines tâches reconnues dangereuses pour sa santé