Encarts premier degré

samedi 15 novembre 2008

La semaine de quatre jours ne tient pas la route

En réduisant la semaine scolaire à 4 jours avec des programmes finalement plus chargés, les rythmes de l’enfant sont niés, ce qui accentue les inégalités.

Les opposants, associations et réseaux pédagogiques en tête, contestent la quasi-généralisation de la semaine de quatre jours, ainsi que la pertinence de l’aide individualisée de deux heures par semaine qui, à partir d’octobre, doit être dispensée en petits groupes aux enfants les plus en difficulté. Aucun des moments prévus pour cette aide (tôt le matin, à la mi-journée ou après 16h 30) ne paraît approprié aux possibilités des élèves en difficulté. Le rythme scolaire de l’enfant ne peut s’appréhender que sur l’année, avec des journées plus courtes. Il ne peut faire abstraction des contenus (programmes), des conditions , de la charge de travail des enseignants, des demandes sociales des parents (péri scolaire)

La précarité pour le Handicap

Le volet scolaire de la loi sur le handicap a été adopté en 2005 sans recrutement d’enseignants pour la scolarisation des élèves en milieu ordinaire. Par contre, les écoles ont vu fleurir les contrats « d’avenir » condamnant à la précarité et au bas salaire des milliers de personnes.

Et l’école maternelle dans tout ça ?

Avec les fusions d’école, c’est bien souvent l’accueil des plus jeunes qui est mis à mal ! Combien d’écoles aujourd’hui sont en mesure d’accueillir les enfants de deux ou trois ans dans de bonnes conditions ? La petite section est décrite par le ministre comme « variable d’ajustement pour empêcher des fermetures de classes ». Ses enseignants y consacreraient l’essentiel de leur temps à surveiller la sieste des enfants ! Comment peut-on, dans ce contexte, faire de grandes déclarations sur des résultats insuffisants en maîtrise de la langue ?

Évaluation nationale et carte scolaire

L’utilisation des évaluations nationales comme moyen public de comparaison des écoles instaure un marché scolaire et, avec la suppression de la carte scolaire, augmente les inégalités en renforçant les logiques élitistes. Le caractère public de ces évaluations en fera vite un outil de tri social par l’école. Cela prépare également l’introduction du salaire au mérite.

C’est collectivement qu’il nous faut refuser de les transmettre !

Les RASED passent à la trappe

Les stages durant les vacances et les deux heures de soutien stigmatisent un peu plus les élèves en difficulté. Cette mesure démagogique, présentée comme un palliatif public au soutien scolaire privé, entraîne, de fait, la suppression des réseaux d’aide (RASED). Quel est le collègue honnête qui peut affirmer que les stages vont résoudre la difficulté scolaire ? Que c’est mieux, pour nos élèves, qu’un suivi dès le plus jeune âge et étendu jusqu’au CM2 (ce qui manque actuellement) par des personnels spécialisés ?

Dans une logique purement comptable, 3 000 maîtres "E" et "G", spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire, exerçant en RASED, seront réaffectés et sédentarisés dans des écoles en difficulté.
Sous quelle forme ? En poste sur des classes dites banales, réaffectés sur des classes spécialisées (le retour des classes de perfectionnement ?), nul ne le sait à l’heure actuelle…

À noter, ces personnels conserveront leur régime indemnitaire, précise le ministère.

Les 2 heures de soutien, les stages pendant les vacances signent ainsi la mort des aides spécialisées.

Sud éducation revendique une aide spécialisée intégrée à l’horaire scolaire des élèves assurée par les personnels des RASED, que nous refusons de voir disparaître de nos écoles. Le dispositif RASED doit être maintenu, complété et renforcé pour pouvoir continuer à remplir ses missions au service de tous les élèves qui en ont besoin

Heures sup’ contre augmentation de salaire et création de postes !

En incitant les collègues à faire des heures sup’ pour être payés plus, on renonce aux augmentations salariales pour tous. Pendant ce temps-là, nous manquons de postes de remplaçants notamment.

Heures sup = baisse de la qualité du service public !

Là encore, soyons honnêtes : peut-on accumuler des heures supplémentaires (stages, accompagnement éducatif) et prétendre qu’on prépare sa classe avec autant de soin ?

Ne parlons pas du rythme infernal pour l’enfant qui subit déjà un premier et un troisième trimestres très longs !