Employabilité

 2004
mis à jour dimanche 6 février 2005

« Alors que se dessine progressivement une nouvelle forme de « compromis salarial », associant non plus subordination contre sécurité de l’emploi mais employabilité contre engagement dans le développement des compétences, une meilleure compréhension de ce partage de responsabilité entre salarié et entreprise devient cruciale... »
Journée Compétence du Medef du 15/11/02

Exit donc la sécurité de l’emploi [mais le lien de subordination du salarié à l’employeur reste, lui, bien réel] et vive la logique de « compétences », autre mot-clé du Medef qui en développe sa définition dans de multiples textes :

« La compétence professionnelle est une combinaison de connaissances, savoir-faire, expériences et comportements s’exerçant dans un contexte précis. Elle se constate lors de sa mise en œuvre en situation professionnelle à partir de laquelle elle est validable. C’est donc à l’entreprise qu’il appartient de la repérer, de l’évaluer, de la valider et de la faire évoluer. »

Alain Dumont, directeur de la formation au Medef, (lors du colloque : Une mission nouvelle pour le service public : l’éducation tout au long de la vie, pour la qualification et pour sa validation. Paris, CNRS, 30/11 & 01/12/2001 - source : Institut de recherches de la FSU (Irhesc) !) précise : « Nous restons encore majoritairement sur une logique de poste, sur une logique taylorienne. Il faudrait passer à une logique de gestion par les compétences... ».Le même déclarait auparavant (CFE-CGC & CFTC - Université d’automne à Arcachon - 28/10/1999) : « Finalement la France est l’un des rares pays à avoir une obligation légale [en matière de formation professionnelle], et elle occupe pourtant le quinzième rang des pays développés en matière de formation dédiée aux salariés. Lors de nos voyages, nous avons réalisé que le système français met la formation au cœur du dispositif, comme s’il s’agissait d’une fin en soi. Alors qu’ailleurs, c’est la compétence des personnes qui représente l’objectif, et non la formation ou les financements du dispositif de formation. La compétence est, pour nous, le gage de la performance de l’entreprise, d’une part, et de l’employabilité du salarié, d’autre part. »

Mais ces compétences, comment les acquérir ?

Là encore, le Medef a ses réponses, et tout d’abord en matière de formation initiale : « La formation initiale, pour s’adapter à ces nouvelles références, devrait intégrer la notion de compétence et s’ouvrir davantage sur le monde de l’entreprise. Il importe de tisser des relations plus étroites entre l’école et l’entreprise pour pouvoir partager une vision commune du monde du travail actuel...(La compétence professionnelle, enjeu stratégique - Cahiers du Medef ). Quant à l’obtention de diplômes, le Medef n’est pas contre ...mais « Le diplôme ne pouvant à lui seul assurer la professionnalisation, la prise en compte de la compétence comme référence implique la mise au point de systèmes de sa reconnaissance, notamment au-delà des frontières de l’entreprise...Il est clair que l’entreprise doit être reconnue dans sa capacité à valider les acquis et les compétences dans la mesure où la compétence s’exerce par définition dans le cadre d’une activité réalisée en son sein. Mais, dés lors qu’il y a changement d’entreprise, se pose la question du transfert de la validation de la compétence et de « l’autorité » professionnelle légitime pour cette validation ou reconnaissance des compétences... »

Mais, là, étrangement, le Medef reste muet. Qu’importe :

« Lorsque la mobilité est le lot de la majorité des salariés su secteur privé, la vraie protection, ce n’est pas telle ou telle forme de contrat, c’est un portefeuille de compétences bien rempli. Le capital de compétences qui aura été développé représente donc bien le meilleur parachute en cas de difficulté pour le salarié. Mais pour les salariés et leurs représentants, cela implique aussi l’acceptation d’une adaptation permanente des compétences et d’une gestion des carrières différente : les individus les plus valorisés ne seront pas seulement ceux qui disposeront des savoirs les plus poussés et les plus pointus, mais, avant tout, ceux qui seront parvenus à combiner une large gamme de compétences au travers de la confrontation à des organisations différentes. »
Medef - 2001-10-15 16:00

Alors, compétent, le Medef ?

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