Emplois-Jeunes de l’Education nationale

 mars 2002
mis à jour samedi 29 janvier 2005

Où en est-on ?

Environ 89 550 jeunes sont passés par ce dispositif dans l’Education nationale, qui en emploie à ce jour 70000. Le 6 juin 2001, au cours d’une conférence de presse, Elisabeth Guigou énumérait les mesures "en faveur" des emplois-jeunes.

6 mois après, voyons ce qui a été fait.

Deux mesures seront sans doute effectives : la prolongation à 5 ans des contrats initialement d’une durée inférieure et le prolongement jusqu’au 30 juin 2003 de tous les contrats conclus avant le 30 juin 1998. Dans ce dernier cas, il ne s’agit pas véritablement d’une prolongation d’une année, mais simplement de permettre à ceux dont les contrats arrivaient à terme initialement en novembre 2002, de terminer l’année scolaire en cours. Bien sûr, pour celui ou celle qui est privé d’emploi, c’est la garantie d’un revenu, même peu élevé ; mais en même temps, c’est la pérennisation de la précarité. Echéance électorale oblige, ce n’est pas le moment de voir remonter les chiffres du chômage des jeunes ! Soulignons qu’à l’heure où nous écrivons, aucun texte ne vient confirmer ce qui a été annoncé à grands bruits lors de cette conférence de presse. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’être inquiets sur le devenir de ces mesures et des autres.

Durée annuelle de formation portée à 400 heures.

Pour l’instant, seuls en bénéficient ceux qui n’ont pas utilisé les 200 heures/an l’année précédente. Cette mesure ne résoud de toute façon pas tout : obstacles à la formation dressés par l’école "qui a besoin d’aides éducateurs présents sur leur lieu de travail", manque de financement qui introduit une discrimination entre emplois-jeunes, obstacles dressés par les rectorats qui ne valident que les formations considérées comme "professionnalisantes". Mais une formation, pour être véritablement professionnalisante suppose une disponibilité totale durant toute sa durée, financée et enfin compatible avec le lieu de résidence de l’ayant-droit.

Validation des acquis.

Une loi devait être votée en décembre 2001 pour valider les acquis professionnels après 3 ans afin "d’obtenir jusqu’à la totalité d’un diplôme". Pour l’instant, nous en restons au décret du 23/08/85 qui permet d’accéder à une formation sans le diplôme requis et à la loi du 30/07/92 qui permet d’être dispensé d’une partie de la formation et des examens correspondant à un titre.

Concours de 3ème voie.

Là aussi il s’agit d’une réforme virtuelle : on verra dans le futur ! De toute façon, ce dispositif ne s’adresse pas particulièrement aux emplois-jeunes, mais à tous ceux qui relèvent du droit privé et qui ont exercé pendant 4 ans des fonctions d’éducation et de formation au 1/9/02. Le concours d’enseignant sera ouvert aux Bacs + 2 pour les 2 ou 3 premières sessions. Pour les autres, il n’y aurait pas de conditions de titres !! Attention : le nombre de postes au concours sera de 10% du total des postes ouverts au recrutement...

Ce que nous en pensons.

Nous sommes hostiles aux concours de type "réservés" qui ne répondent pas à la revendication de titularisation des personnels précaires. L’exemple récent des concours réservés aux maître-auxiliaires l’a démontré : certains ont été déclarés "inaptes à l’enseignement" alors qu’ils enseignaient depuis 20 ans !

Et l’emploi dans tout ça ?

En décembre 2000, le Ministère de l’Education nationale signait avec des organisations patronales une série de "conventions" abusivement présentées comme des promesses d’embauche des aides-éducateurs. En réalité, la lecture attentive de ces accords montrait qu’il ne s’agissait pas d’embauches fermes, mais de déclarations d’intention de former et de recruter sous forme de contrats de qualification, de contrats à durée déterminée voire de CDI, sans que ces embauches soient précisément chiffrées. Les mésaventures survenues à une aide-éducatrice du Calvados qui a cru à la promesse d’embauche du groupe ACCOR (hôtellerie), montre le degré de désinvolture voire de mépris de cette entreprise. Renvoyée de service en service, de promesse en promesse, elle a perdu un an de formation parce qu’elle leur a fait confiance (Que se serait-il passé si elle avait démissionné de son poste d’aide-éducatrice ou si elle avait interrompu son bail ? Quelle aide aurait apporté l’Education nationale en pareille circonstance ?). Un autre exemple d’escroquerie, l’accord-cadre d’European Link du 17/1/2000 : "Recrute 1500 animateurs touristiques internationaux de moins de 30 ans entre janvier 2000 et décembre 2002". Combien ont-été vraiment embauchés à ce jour ? Quant au rectorat, voici quelques offres d’emplois publiées sur son site : 700 postes de gardiens de prison, 3 pilotes d’avion, 2 pilotes d’hélicoptère et le concours de la gendarmerie nationale !

Merci le rectorat !

SUD Calvados/Orne

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