Edito

dimanche 12 novembre 2017

Depuis la rentrée, un important mouvement social s’organise pour résister à la loi Travail XXL. Manifestations, grèves et autres initiatives se multiplient, dans le privé comme dans le public, regroupant des salarié-es, des retraité-es, des privé-es d’emploi et des précaires. La destruction par ordonnances du Code du travail, applaudie par le patronat, met fin à la hiérarchie des normes et ouvre la porte aux accords d’entreprise. Retour avant le XIXe siècle ! Si nous les laissons faire, on va inéluctablement vers une aggravation des conditions de travail, la disparition de la médecine du travail et des CHSCT, ainsi que vers la remise en cause de la représentation syndicale. Quant aux créations d’emplois espérées, l’argument de communication du gouvernement, visant à défendre la nécessité de la réforme, est loin de faire l’unanimité, même chez les économistes libéraux !
Cette régression sociale touche également de plein fouet la fonction publique. Dans une logique comptable d’austérité, le gouvernement prévoit la destruction de 120 000 emplois et l’accélération du démantèlement des services publics. On s’achemine aussi vers le maintien du gel des postes et des salaires, ainsi que vers le retour du jour de carence pour les congés maladies. Le pouvoir d’achat se voit amputé à la suite de l’augmentation de la CSG. Il le sera bien davantage en 2018 avec le relèvement des cotisations retraites. Contre la politique de ce gouvernement et pour la défense des services publics, un ample front syndical s’est initié. Partout les personnels étaient massivement en grève le 10 octobre.
À l’école, malgré les promesses du gouvernement, c’est la pénurie ! De nombreux établissements étaient en grève à la rentrée. Le manque de postes, l’absence de remplaçant-es et la fin des contrats aidés a créé des dyfonctionnements. Le remplacement des contrats aidés par des jeunes en service civique, sans formation, accroît encore la précarité des personnels. Une fois passé l’effet d’annonce, leur présence n’apportera pas grand chose aux équipes ni aux établissements. Quant aux personnels, aucune solution n’est proposée aux collègues précaires qui ont perdu ou vont perdre leur emploi. Nous demandons leur titularisation sans condition.
Les établissements de l’éducation prioritaire n’ont jamais cessé de se mobiliser. Pour le nouveau ministre, comme pour l’ancien, ce dossier est loin d’être prioritaire ! L’accent est mis sur les classes de CP à 12 en REP+ ! Une mesure d’affichage, mise en œuvre à moyens constants et sans cadrage, au détriment du dispositif « Plus de Maîtres que de classes » et des remplacements. Prise à la hâte pour dissimuler le véritable manque de moyens, son efficacité est contestable. En réalité, elle a surtout une fonction idéologique : promouvoir le retour aux fondamentaux - « Lire, écrire, compter » - loin du projet d’une école égalitaire et émancipatrice que nous voulons. De même, la Nouvelle offre de formation à l’université introduit des formations « au rabais » et aggrave les conditions de travail des personnels. Elle a du mal à cacher son réel objectif - « le dégraissage du mammouth ».
Contre ces projets réactionnaires, sélectifs et inégalitaires, il y a urgence à constituer un vaste mouvement syndical de refus des politiques néo-libérales de ce gouvernement.