Edito

mercredi 6 septembre 2017

Trop c’est trop ! La coupe est pleine ! L’état d’urgence est prolongé ! Ultime étape, avant de le rendre permanent. Transposer dans le droit commun les restrictions des libertés publiques sera bien utile pour interdire d’éventuels rassemblements et manifestations. La loi Travail 2, encore plus destructrice des droits sociaux que la première, est imposée par ordonnances, en plein été, dans le but d’éviter débat démocratique, conflits syndicaux et sociaux. Le Medef, toujours insatisfait, pousse déjà à aller encore plus loin. Une réforme des retraites par points s’annonce. Un de ses objectifs est de modifier le système par des mécanismes automatiques. Là aussi, dans l’espoir de parvenir à court-circuiter tout débat et tout conflit, la réforme est « vendue » comme une modernisation nécessaire.
L’austérité vise à nouveau le secteur public avec le gel des salaires des fonctionnaires, le gel des postes et le retour de la journée de carence. 120 000 suppressions d’emplois (50 000 dans le versant État et 70 000 dans le versant territorial), 60 milliards de baisse des dépenses publiques. Par ces nouvelles coupes dans des services publics, déjà exsangues, les derniers remparts contre les inégalités sont définitivement menacés. La réforme fiscale, aussi, est en chantier mais ce seront toujours les mêmes qui devront se priver !
La même logique opère dans l’éducation nationale : régionalisation de l’enseignement professionnel, rythmes scolaires confiés aux mairies, autonomie des établissements accrue dans le secondaire pour le budget et l’offre de formation, recrutement des enseignant-es par les chef-fes d’établissement… Leur projet d’école est d’accentuer le tri social, avec une école réduite au « lire-écrire-compter » pour les pauvres et la multiplication des processus de sélection.
« Les français détestent les réformes ! » Ils ne les comprennent pas. Il faut leur parler de « transformation » (E. Macron).
NON ! La casse du droit du travail, la casse de la protection sociale, la casse des services publics et toujours plus d’inégalités ! Pour nous, c’est toujours : « NON ! »
Face à ce projet de société et d’école de plus en plus inégalitaire, générant des situations d’injustice criante, seule la lutte est légitime ! C’est la seule réaction possible. Que celles et ceux qui hésitent…, ne savent pas si…, ont peur de…, prennent le temps de lire dans ce journal les témoignages de luttes exemplaires. À Raon l’Étape ou à Aubervilliers, comme à la Réunion, syndiqué-es et non syndiqué-es, titulaires et non titulaires, enseignant-es et agent-es avec les parents ont réussi à se mobiliser ensemble. Pour elles et eux, le seul argument valable est que la lutte demeure la seule issue. Cette évidence de la nécessité de la lutte sociale, au-delà de tout corporatisme, unit celles et ceux qui n’ont plus rien à perdre. Elle devient alors une certitude.
Contre la mise en concurrence voulue par le libéralisme, on ne peut lutter qu’ensemble, solidairement. Alors, pour combattre la destruction de nos droits et de nos libertés, amplifions la mobilisation. Rejoignons avec l’Union syndicale Solidaires les initiatives qui se multiplient un peu partout.