Douleur et colère devant le drame de la famille Dembsky

dimanche 2 septembre 2007
mis à jour mercredi 7 novembre 2007

La Fédération des Syndicats Sud éducation exprime sa douleur et sa colère devant le drame qui a touché le 9 août 2007 le petit Ivan, 12 ans, tombé du 4ème étage en voulant fuir les services de police qui forçaient la porte de l’appartement de ses parents à Amiens. Depuis plusieurs mois, Sud éducation, au sein de RESF Somme demandait la régularisation de la famille. Une audience avait été sollicitée à la préfecture à plusieurs reprises, sans réponse.

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Des procédés inacceptables

À l’origine du geste d’Ivan, le refus d’accorder l’asile à sa famille, persécutée dans son pays, la Tchétchénie. Une fois de plus, l’idéologie portée par le pouvoir autorise la police à utiliser des procédés indignes aux conséquences dramatiques, rappelant ainsi les heures tragiques du gouvernement de Vichy. Il en est ainsi des rafles fréquentes en ville et des arrestations, des convocations pièges, des tabassages de ceux qui ne se résignent pas à l’expulsion, et jusqu’aux délations ignobles de fonctionnaires zélés. On emprisonne des enfants, on expulse des pères de famille, on entrave la vie de couple, on traite comme un délit la solidarité avec les sans papiers.

Ces méthodes diverses, piliers d’un état policier du tout sécuritaire, participent à l’instauration d’un climat de peur et entraînent de multiples dégâts collatéraux : peut-on sortir indemne d’une grève de la faim de plus de 60 jours (Lille) ? Comment les enfants vivent ils l’arrachement de leurs parents ? Comment cette jeune femme vivra t-elle sa grossesse et son accouchement, privée de son compagnon ? De ces procédés barbares découlent aussi des gestes désespérés comme les suicides ou tentatives de suicide dans les centres de rétention administrative ou
les commissariats. Ces méthodes n’aboutissent qu’à détruire la vie de familles entières et ne régleront pas la question de l’immigration.

La détermination de Sud éducation reste entière aux côtés des personnes sans papiers

La Fédération Sud éducation dénonce une nouvelle fois les lois iniques édictées depuis plusieurs années par Monsieur Sarkozy, anciennement ministre et actuellement Président. Ces lois restreignent toujours plus le droit d’asile et trahissent l’esprit des conventions nationales et internationales des droits de l’homme et de l’Enfant dont la France est pourtant signataire, bafouant par là les valeurs
fondamentales de notre pays.

Pas de chaise vide à la rentrée !

Nous appelons tous les personnels de l’Education nationale à être attentifs, dans leur établissement, aux chaises vides, signes des expulsions de l’été ou de fuite des familles dans la clandestinité. Appuyons nous sur le Réseau Education Sans Frontières de notre département pour dénoncer le sort fait aux personnes sans papiers, et aussi pour revendiquer sans relâche avec les syndicats, les associations ou les organisations politiques la régularisation de tous les sans papiers, avec accès de plein droit à la liberté de circuler, au logement, à l’éducation, au travail, à la protection sociale.

Commission fédérale Immigration/Sans Papiers

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