Des ponts pas des murs !

Contre les politiques migratoires européennes, 17 et 18 octobre 2008 à Paris, appel à la mobilisation
samedi 15 novembre 2008

Pendant la Présidence française de l’Union européenne, de nombreux sommets auront lieu dans diverses villes de France (il se dit même que l’un d’eux sera organisé à Vichy !) où Sarkozy et consorts tenteront de pousser encore plus loin la xénophobie des États-forteresses.

En résistance à cette frénésie répressive, une mobilisation se construit pour un contre-sommet les 17 et 18 octobre à Paris. L’Union syndicale Solidaires, avec la LDH, le MRAP, le RESF, l’UCIJ, le Gisti et des dizaines d’autres organisations, collectifs, mouvements, a signé l’appel à une initiative unitaire pour défendre les droits des migrants et des peuples face à la machine de mort qui est à l’oeuvre non seulement au large des îles européennes, ou aux frontières des pays limitrophes comme la Lybie et le Maroc, mais aussi dans les Camps d’internement pour migrants et autres Centres de Rétention dispersés sur tout le territoire européen.

En France, comme dans de nombreux pays européens, c’est la législation et son application par ceux qui « l’exécutent » qui sont responsables de l’existence même des « Sans-Papiers » et des persécutions de tous ordres qui leur sont infligées :
- refus de l’asile aux victimes des guerres, nettoyages ethniques, exactions, tortures... Ou catastrophes, famines qui ravagent la planète ;
- maintien de milliers de familles arrivées depuis longtemps dans une extrême précarité, sans titre de séjour, sans logement décent, sans travail, sans protection sociale... et à la merci d’une Obligation à Quitter le Territoire ;
- maintien de milliers de travailleurs étrangers dans un statut de « sous-salariés », hors de toute protection par le Code du Travail (salaires misérables, heures sup non-payées, accidents du travail non déclarés, licenciements abusifs, etc.) par le simple refus des autorités préfectorales de leur délivrer une autorisation de travail ;
- arrestations, rafles, emprisonnement et expulsion de milliers de personnes, femmes, enfants, malades et vieillards compris, dans des conditions d’une extrême brutalité, pour ce seul « délit » de ne pas avoir obtenu de titre de séjour ;
- éclatement de familles, séparation forcée de conjoints, arrachement de jeunes majeurs à leurs parents, chantage à l’obtention de visas long séjour, par l’expulsion vers des pays avec lesquels parfois les intéressés n’ont plus aucun lien, et où parfois leur vie est menacée ;
- incitation aux actes désespérés (suicides, auto-mutilations, violence contre soi ou les autres) ou à la révolte (grèves de la faim, voire de la soif, incendies dans les Centres de Rétention...) de ceux qui ont épuisé toutes les autres formes de résistance à la négation de leurs droits ;
- criminalisation des actes de résistance (depuis le refus d’embarquer du sans-papiers expulsable jusqu’au soutien actif des citoyens solidaires), multiplication des procès, stigmatisation de l’étranger « délinquant ».

Dérive d’une « République » (président, gouvernement, parlement, préfectures, police, et parfois...justice) ivre de sa haine de l’étranger et qui la déploie dans une débauche de moyens (combien coûtent les dizaines de CRA, prisons spéciales pour étrangers, combien coûtent les 25000 expulsions annuelles dont se vante Hontefeux ?) pour faire croire à son électorat qu’elle a le pouvoir d’éradiquer de son sol tous les « nuisibles », qu’elle va régler à coups de matraque et de condamnations pénales la question des Réfugiés et Déplacés !

Pour quel bénéfice social, cette barbarie quotidienne ?
Quels problèmes cela règle-t-il à l’échelle d’un pays ou des continents : inflation, régression salariale, licenciements, chômage, insécurité sociale, discriminations, extrême pauvreté, catastrophes écologiques ... frappent-ils moins les classes pauvres ?

Un bénéfice politique, alors, peut-être...
Quand un Président qui fait le bravache échoue lamentablement à honorer la moindre de ses promesses électorales, et qu’un gouvernement veut masquer son impuissance à résoudre les problèmes sociaux, sur qui peuvent-ils encore s’acharner pour faire diversion ?

Commission Immigration/Sans-Papiers


Extrait de l’appel commun consultable sur le site « des ponts pas des murs »

« Préoccupés par le caractère essentiellement sécuritaire du traitement des flux migratoires, entraînant des milliers de morts, et par les choix économiques mis en œuvre qui maintiennent le continent africain en marge du développement, les organisations signataires font appel à la mobilisation pour faire entendre la voix des sociétés civiles européennes et africaines.
Il est grand temps que la question des migrations et du développement soit réellement pensée sous l’angle des intérêts mutuels : ceux des pays d’origine, des pays de transit, des pays d’accueil et surtout, ceux des migrants eux-mêmes.

Nous voulons une autre Europe que celle qui se transforme en forteresse et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les sans-papiers. Nous refusons la systématisation des centres de détention et de l’éloignement forcé.
Dans la continuité de la première conférence non gouvernementale euro-africaine « migration, liberté de circulation et droits fondamentaux », les 17 et 18 octobre, nous appelons à une mobilisation de grande ampleur à Paris, pour une autre conception de l’immigration et un autre rapport entre l’Union européenne, l’Afrique et le reste du monde. »

17 octobre : deuxième conférence non gouvernementale euro-africaine avec des forums sur différents thèmes.

18 octobre : grande manifestation pour une autre politique d’immigration européenne.

Pour une rentrée active dans nos établissements sur le thème de l’Immigration et des Sans-Papiers, du matériel syndical et des documents-ressources sont disponibles sur le site de Sud éducation