Défendre les précaires, ça commence au quotidien

vendredi 7 mars 2008
mis à jour mardi 13 mai 2008

Dès novembre 2007, l’équipe éducative du lycée pilote innovant de Jaunay-Clan (Vienne) s’est mobilisée afin de défendre du personnel engagés sous contrat CAV ou CAE. Pour un lycée de six cents élèves, 5 précaires ont été recruté sur différents postes : centre de ressources documentaires, intendance, vie scolaire, radio (une particularité du lycée), cuisine (salarié par la région). Un comité de soutien s’est créé, rassemblant l’ensemble des personnels.

Trois points essentiels de lutte

Tout d’abord, obtenir un prolongement des contrats existants qui allaient être supprimés au profit d’une autre formule - la possibilité de renouvellement promis initialement passant ainsi à la trappe ; ensuite les pérenniser sous une forme ou sous une autre ; enfin mettre en place une formation digne de ce nom, menant à une VAE (validation des acquis de l’expérience), conformément aux engagements écrits en toutes lettres dans ces contrats. Mais plus encore, l’objectif était de trouver une solution humaine et de ne pas laisser l’institution renvoyer ces personnels vers l’ANPE « dans une situation pire qu’avant, humainement et financièrement », comme le résumait l’une d’entre elles.

Le comité se mobilise

Il y eut donc distribution de tracts, réunion informant les parents de la situation, mise en place d’une pétition. Ces actions ont mené à des résultats très insuffisants, mais qui dans un premier temps ont permis de limiter les dégâts humains. L’équipe de direction du lycée a obtenu une prolongation de six mois concernant l’emploi du CRD, ce qui le fait cesser définitivement le 23 juillet (au lieu de septembre comme le demandait le personnel) ; le poste de vie scolaire a été perdu, mais le précaire concerné a été recruté comme assistant d’éducation ; en cuisine, le représentant du conseil régional au CA a annoncé qu’il mettrait en place un audit des besoins en personnels pour assurer l’adéquation entre financement et besoins réels, mais la personne concernée a été titularisée, ainsi que celle qui occupait un poste en comptabilité. La radio est un cas spécifique, mais il semble possible de convertir l’emploi précaire actuel en poste d’animateur culturel, salarié par la région.

Parallèlement, Sud éducation, avec dans ses rangs une des précaires concernées, s’est joint à une délégation intersyndicale reçue par le préfet puis par le secrétaire général du Rectorat. De fait, le préfet s’est avéré très ignorant des problèmes posés par la précarité. Le Rectorat a reconnu pour sa part n’avoir pas su assumer la formation demandée. Quant au représentant du conseil régional au CA du lycée, il a simplement souligné que ces emplois ne couvraient pas de réels besoins et tenaient plus du traitement social...

Une victoire en demi teinte

Les membres du personnel au CA ont annoncé officiellement que, vu les conditions lamentables faites aux personnels occupant ces emplois, ils voteraient désormais contre, quel que soit le type de contrat. Le personnel reste mobilisé, même si les solutions transitoires ont calmé un peu le jeu. Dans les autres établissements, les personnels semblent peu concernés. Pourtant, les mesures annoncées par le ministre devraient en faire réfléchir plus d’un quant à la nature des futurs contrats annoncés, et l’exemple de la poste ou des télécoms devraient inciter à la résistance – avec les précaires actuels. . .

Sud éducation Vienne

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