Déclarations au CNESER du 13 novembre contre le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants

Déclaration des fédérations SUD éducation, SUD Recherche EPST et Solidaires étudiant-e-s et déclaration intersyndicale FSU/CGT/UNEF/Solidaires
lundi 13 novembre 2017

Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche

Séance du 13 novembre 2017

Déclaration des fédérations SUD éducation, SUD Recherche EPST et Solidaires étudiant-e-s

À l’été 2017, des dizaines de milliers de bacheliers et bachelières se sont retrouvé-e-s sans affectation dans le supérieur.

Pourtant cette situation de crise était tout sauf imprévue.

Si tant de bachelier-e-s se sont retrouvé-e-s sur le carreau, c’est le résultat d’un manque de moyens alloués aux universités afin qu’elles puissent assurer leur mission dans le cadre d’une augmentation importante et durable du nombre d’étudiant-e-s prévue depuis 20 ans. Il manque l’équivalent de trois universités en France pour accueillir l’ensemble des bacheliers et bachelières alors qu’ils et elles seront à nouveau entre 40 et 50 000 supplémentaires l’an prochain.

Un projet de loi qui se base sur des capacités d’accueil insuffisantes c’est la reconnaissance par l’état de ses défaillances. Mais au lieu de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour accueillir dignement, encadrer et garantir la réussite de toutes et tous, le gouvernement en prenant comme prétexte le fiasco organisé d’APB, en profite pour établir purement et simplement la sélection à l’entrée à l’université.
À la sélection par l’échec dû au manque de places et de moyens, il ajoute une sélection officielle qui va d’autant plus accentuer la sélection sociale.

Répondre à l’échec par la sélection, c’est se féliciter d’apprendre à nager aux poissons.

En finir avec le baccalauréat comme premier diplôme universitaire, individualiser les parcours, mettre en place les pré-requis, c’est accentuer encore la sélection sociale, les mécanismes de reproductions et donc les inégalités.

De plus, la réforme compte faire reposer une partie du travail de sélection sur les enseignant-e-s. Déjà fortement sollicité-e-s par la mise en place de la sélection à l’entrée en Master, les enseignants et enseignantes du supérieur croulent de plus en plus sous les tâches administratives. Cela se fait au détriment de leurs activités de recherche. Cette réforme va également engorger encore un peu plus les services dans lesquels nos collègues sont déjà trop souvent en sous-effectifs.

Il est hors de question d’accepter tant cette nouvelle surcharge de travail gratuit, que le rôle qui serait ainsi attribué aux enseignant.e.s.

C’est pourquoi nous considérons que ce projet de loi est inacceptable.

Pour nos fédérations et syndicat, membres de l’union syndicale Solidaires, l’urgence est de garantir effectivement l’égalité du droit à l’éducation et aux études supérieures et d’assurer les conditions d’une véritable formation émancipatrice avec de véritables moyens à la hauteur des besoins.

Notre lutte pour enrayer cette contre-révolution du système éducatif s’inscrit dans le mouvement global de refus des politiques néo-libérales de Monsieur Macron et de son gouvernement.

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CNESER du 13-11-2017
Déclaration des fédérations SUD éducation, SUD Recherche EPST et Solidaires étudiant-e-s

Explication de vote intersyndicale contre le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants

Ce projet de loi organise la fermeture de l’accès de droit des bachelier.ère.s à l’enseignement supérieur. Il n’est pas à la hauteur des enjeux de la démocratisation et de l’élévation du niveau de qualification de la jeunesse :

  • en permettant la sélection dans les filières en tension, c’est à dire dans toutes celles dont le nombre de vœux seraient supérieur aux capacités d’accueil, sans aucune limitation disciplinaire ni obligation de croissance de ces dernières, compte tenu des taux d’encadrement actuels, c’est potentiellement toutes les licences qui pourraient à terme sélectionner ;
  • la croissance du nombre de places dans les filières en tension n’est pas financée dans le budget 2018, ni dans la programmation budgétaire de 2019 et 2020 ! ;
  • en imposant un examen systématique de tous les dossiers, c’est une augmentation de la charge de travail des personnels responsables des licences de l’ordre de 1600 ETP, soit 100 M€ par an ;
  • les parcours spécifiques et autres dispositifs pédagogiques ne sont pas financés. Ils existaient déjà dans la loi de 2013 et beaucoup ont déjà été mis en œuvre puis abandonnés faute de moyens ! ;
  • les services culturels, sportifs et de santé sont des services publics dont tou.te.s les étudiant.e.s devraient bénéficier et qui ne devraient pas être financés par des droits d’inscription (qui plus est variables suivant les cycles).
  • Avec ce projet de loi, le gouvernement tourne le dos à la jeunesse, détériore les conditions de travail des agents.

Pour toutes ces raisons, nos organisations voteront contre ce texte.  

Signataires :
CGT, FSU, UNEF, SOLIDAIRES (SUD éducation & SUD Recherche EPST)

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CNESER du 13-11-2017
Explication de vote intersyndicale

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