Déclaration liminaire de la fédération des syndicats SUD éducation au CSE du 7 juillet 2005

Communiqué de presse
jeudi 7 juillet 2005
mis à jour mardi 28 février 2006

Si SUD éducation souhaite faire une déclaration liminaire à cette séance, c’est que les demandes d’audience adressées par notre fédération à M. Gilles de ROBIEN sont restées sans réponse. Notre organisation, pourtant représentée au Conseil Supérieur de l’Education, n’a donc pas été entendue par le nouveau ministre de l’Education Nationale.

Cette fin de non recevoir est en contradiction avec les premières déclarations de M. le ministre, qui annonçait en juin sa volonté de privilégier l’écoute et d’entendre toutes les organisations.

Lors de votre arrivée au gouvernement, Monsieur le Ministre, vous disiez privilégier « l’écoute ». Un mois après, vous renouez avec « la sourdingue-attitude » de votre prédécesseur ; vous entendez sans doute poursuivre cette stratégie de négation et de répression de tous ceux qui contestent votre politique.

Depuis le fameux « grand débat sur l’école », les stratagèmes de communication du ministère distillent la loi FILLON et masquent l’implacable réalité vécue par les personnels. Dans ce théâtre « communicationnel » - élèves, personnels ATOSS et enseignants - sont considérés comme des marionnettes. En l’occurrence des marionnettes au service du marché du travail à la concurrence libre et non faussée ; concurrence à laquelle la loi FILLON veut nous accommoder.

Comme vous le savez - depuis le referendum du 29 mai au moins - nous sommes un certain nombre à ne pas vouloir de cette sauce. Il faudra en tenir compte à un moment !

La fédération des syndicats SUD éducation souhaite rappeler à l’occasion de ce Conseil supérieur de l’éducation un certain nombre des revendications portées par les luttes des personnels et usagers du service public d’éducation :

Sur le fond :

L’abrogation de la loi Fillon, qui institutionnalise à travers « le socle des indispensables » la création d’une nouvelle filière peu éducative et tout orientée vers la flexibilité du marché du travail, à savoir la filière du chômage et de la précarité tout au long de la vie. C’est une politique de renoncement pédagogique. C’est une politique de régression sociale.

Contre « l’Esprit d’entreprise » qui désintègre l’esprit du service public ; nous récusons en particulier les décrets présentés ce jour concernant :

- La bourse au mérite attribuée aux seulEs élèves méritantEs de 3° comme pendant aux dispositifs d’aide visant à la réorientation / rationalisation / réduction des moyens affectés au « socle commun ».
Nous dénonçons la ghettoïsation que couve votre politique « au mérite ».
Nous dénonçons cette logique comptable - productiviste sur le modèle de l’entreprise comme incompatible avec notre souci de permettre à touTEs les élèvEs, selon leurs possibilités et leur rythme, d’accéder à une formation générale et polytechnique de haut niveau.
Notre souci demeure celui de « l’égalité d’accès » à l’éducation. C’est un droit inaliénable.

- Contre le faux-semblant de dialogue social que vous prônez nous récusons aussi le décret relatif au haut conseil de l’éducation qui instaure une instance composée de personnalités « choisies » par les autorités politiques et qui, ce faisant, entérine un dialogue social vidé de tout contenu, sans les acteurs.

Toujours sur le fond

L’abandon des poursuites contre tous les lycéens et contre les personnels, mis en cause pour leur simple présence aux côtés des lycéens, à l’appel de leur syndicat, suite aux mobilisations contre la loi FILLON.
L’amnistie totale pour les lycéens déjà condamnés.
A travers cette demande, ce que nous dénonçons, c’est toute la gestion de votre peur et ressentiment à l’égard de la jeunesse et de tous ceux qui luttent et résistent.
Il vous appartient Monsieur le Ministre :
- De faire appliquer l’avis rendu par le Conseil Supérieur de la Fonction Publique le 25 janvier 2005, c’est-à-dire l’annulation de toute sanction à l’encontre de notre camarade Roland Veuillet car le CSFP a conclu que les faits reprochés ne sont pas suffisamment établis. Ce déni de justice n’a que trop duré.
- De retirer toutes les plaintes déposées par le ministère contre lycéens ou étudiants en 2005, et de veiller à ce qu’ils ne subissent aucune mesure de rétorsion administrative.

Lors de la rentrée 2005 nos revendications portent sur :

L’arrêt du recrutement de personnels précaires ; la création de postes statutaires et la titularisation sur validation des acquis professionnels, sans conditions, ni de nationalité ni de concours, des personnels précaires.

L’arrêt du dépeçage du service public d’éducation à travers la mise à disposition des personnels ATOSS aux collectivités territoriales et à travers la sous-traitance des activités éducatives telles que les cantines scolaires, aide aux devoirs, maintenance des locaux ; nous rappelons que les personnels ATOSS font partie des personnels éducatifs des établissements scolaires ; c’est au titre de cette mission collective de service public que leur fonction et LEURS SALAIRES doivent être revalorisés et non au regard d’un quelconque arbitraire hiérarchique.

En conséquence, la fédération des syndicats SUD éducation votera en contre sur l’ensemble des projets de décrets et d’arrêtés soumis à cette réunion du conseil supérieur de l’éducation.

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