Déclaration de Sud Education au CTPM du 21 février 2008

jeudi 6 mars 2008

CTPM du 21 février 2008. Déclaration de la Fédération SUD EDUCATION

Monsieur Le Président,
Mesdames, Messieurs

En règle générale, les déclarations de la fédération SUD EDUCATION sont volontairement concises, mais l’actualité nous amène à être plus longs aujourd’hui, sans prétendre être exhaustifs.

Rapport Commission Pochard

Derrière l’autonomie pédagogique se profile l’augmentation de la mise en concurrence des établissements. Le tout dans un contexte de remise en cause de la carte scolaire, et de renforcement des pouvoirs des chefs d’établissements.

C’est aussi l’annualisation du temps de travail, l’augmentation des obligations de service et la bivalence.

Quant aux salaires : malgré la perte de pouvoir d’achat reconnue, le choix avancé est les heures supplémentaires. Heures supplémentaires qui permettent la suppression des postes.

Plan Banlieue

Tous les projets permettant le départ des élèves en réussite scolaire, loin d’aider les établissements vont les stigmatiser et les ghettoïser encore plus.

Nous aimerions savoir comment le gouvernement compte faire pour participer à la démolition/reconstruction des collèges, compétence qui relève des Conseils Généraux ?

Bac pro

Cette décision, va à l’encontre de tous les rapports de l’Inspection Générale à propos de l’expérimentation du Bac Professionnel en 3 ans (cf. rapport Prat).

Ce projet ignore le profil de la plupart de nos élèves de Lycée Professionnel et de SEP des lycées qui ont besoin d’un cursus de quatre années pour acquérir une formation débouchant sur une qualification reconnue niveau IV.

Cette décision entraînerait la suppression du diplôme BEP (de niveau V) pour la remplacer par une vague certification sans véritable reconnaissance salariale. Elle détournerait de la voie professionnelle un nombre conséquent d’élèves qui réussissent à y obtenir actuellement une qualification.

Ce projet ne s’inscrit pas dans une logique de réussite et de qualification professionnelle mais bien dans la logique ministérielle de réduction massive des postes statutaires. En effet, cette réforme entraînerait à terme la suppression de 25% de postes de PLP à partir de la rentrée 2008. Cela aurait pour conséquence le licenciement de plusieurs
centaines de collègues non titulaires.

Suppression du samedi matin

Selon le Haut Conseil de l’Education, 15% des élèves quittent l’enseignement primaire en situation d’échec lourd.

En clair 85% des élèves auront 24 heures de cours reparties sur 4 jours, et les 15% en échec devront travailler plus longtemps pour mieux réussir scolairement.

On notera au passage que tous les beaux discours à propos du rythme des écoliers passent aux oubliettes !

Cette logique se retrouve aussi dans la proposition de stages pendant les vacances pour les CM1 et CM2 et dans la logique des Projets de Réussite Educative (PRE) que l’Etat « négocie », moyennant subventions, avec les municipalités.

Ces enfants, en difficulté scolaire, ont parfois un rapport difficile à l’école et un emploi du temps chargé (Orthophoniste, Psy …). Est-ce une bonne idée de d’allonger leur journée scolaire ?

Le temps de l’enfant doit être repensé tant à l’école qu’après la classe. Plutôt que des devoirs, des heures de soutien, ce sont des activités éducatives, culturelles, sportives gratuites, encadrées par des professionnels titulaires et qualifiés qu’il faudrait mettre en place (avec les subventions prévues pour les Projets de Réussite Educative par
exemple).

Dans la continuité du socle commun, il y a derrière la volonté de remettre à plat les programmes scolaires, l’idée de réduire le rôle de l’école à une transmission des savoirs fondamentaux.

Quelles sont donc ces sollicitations qui empiètent sur le temps des apprentissages fondamentaux ? Ces sollicitations, ayant un « intérêt éducatif global », ne sont-elles pas des démarches qui permettent parfois de construire du sens pour les apprentissages fondamentaux.

De ce point de vue la suppression des heures du samedi matin pour la grande majorité des élèves, le socle commun, et la publication de programmes nostalgiques, confirment nos craintes d’exigences au rabais, plutôt qu’une lutte obstinée contre l’échec scolaire.

Pour SUD la lutte contre l’échec scolaire passe par une politique sociale ambitieuse et une politique éducative à mettre en oeuvre pendant les heures de classes. Pour cela la baisse des effectifs dans les classes, la présence de RASED complets, d’heures de concertation hebdomadaires, la formation des enseignants sont des solutions autrement porteuses de lutte contre l’échec scolaire. Ce ne sont pas la suppression de 80 000 postes en 4 ans et la généralisation des EPEP qui vont donner à l’école publique les moyens de cette lutte.

REPARTITION DES MOYENS ;

La baisse des effectifs dans le second degré aurait du servir à abaisser le nombre d’élèves par classe. Cette baisse est un facteur de réussite de tous les élèves, et en particulier ceux issus des classes populaires ou en difficulté scolaire. (Cf. Rapport STAR, PICKETTY etc.…).

La suppression d’ETP, est aussi une suppression d’emplois disponibles pour les chômeurs. Les personnels de l’éducation ne sont, ni un coût, ni une charge budgétaire, mais les acteurs essentiels du DROIT A
L’EDUCATION.

La carte scolaire

La suppression de la carte scolaire, annonce un horizon chargé de menaces pour l’Ecole Publique.

La question à creuser est de savoir quelles sont les demandes réelles des familles. Les classes populaires et intermédiaires demandent des établissements « surs, sereins et de bon niveau scolaire » et elles ne contournent la carte scolaire que lorsqu’elles ont le sentiment que l’établissement est victime de ghettoïsation. Ce n’est pas la répartition des moyens annoncée par le ministère qui va nous aider à les convaincre de rester dans l’établissement de leur quartier. Ce ne sont pas non plus la précarisation généralisée, la diminution des crédits alloués aux
associations de quartiers ou le plan Banlieue qui vont aider à la mixité sociale.

La mise en concurrence généralisée des individus, des établissements, est une vision idéologique du monde qui met chacun en concurrence avec tous.

Le Service minimum est

Une atteinte au droit de grève des professeurs des écoles.

Il prévoit l’obligation de se déclarer gréviste à l’avance et , rend plus difficile le choix de faire grève.

Le service minimum dans les écoles obligera forcement un certain nombre de collègues à ne pas faire grève pour assurer l’accueil. Les directeurs se verront-il imposer une nouvelle tâche ?

D’une part, concernant l’accueil des élèves, l’Etat nous semblerait plus crédible si depuis toujours par exemple, il s’était préoccupé des heures de cours perdues par les élèves des enseignants absents (congé maladie, formation ou réunions diverses), en assurant le remplacement de ces enseignants. On ne compte plus les cas depuis la rentrée où
les équipes enseignantes débordées par les congés non remplacés, ont dû avoir recours aux familles pour qu’elles gardent leur enfant. Cela n’a jamais fait l’objet d’une quelconque réflexion ou d’un quelconque dispositif institutionnel. Au contraire même, avec la suppression engagée de dizaines de milliers de postes, ce problème se trouvera encore aiguisé puisque le nombre d’élèves du premier degré augmente (croissance de la population et de la natalité).

D’autre part, s’il s’agit vraiment d’assurer un accueil d’élèves dont la famille se trouverait sans mode de garde, pourquoi l’Etat ne se préoccupe-t-il pas des centaines de milliers d’enfants de moins de 3 ans (voire dans certaines écoles maintenant d’enfants de moins de 4 ans) qui ne sont plus acceptés à l’école maternelle, et dont les parents
sont désemparés au quotidien, et non très occasionnellement, face à leurs obligations professionnelles. Les mettant de fait face à un dilemme cruel perdre des ressources et de l’ancienneté professionnelle ou constamment jongler avec des modes de gardes trop souvent aléatoires et précaires.

Base Elèves

Partout où les parents ont connaissance de ce fichage de leurs enfants, c’est une réprobation quasiment unanime qui s’exprime. Nous soutenons les collègues qui résistent à la généralisation de ce dispositif expérimental.

Depuis fin janvier une pétition circule sur Internet, elle exige le retrait de Base Elèves et elle reçoit environ 1000 signatures individuelles par jour. Elle est signée par 200 organisations au niveau local et national. Des initiatives de contestation de Base élèves s’organisent dans de nombreux départements contre une école du fichage généralisé
dans des Espaces Numériques de Travail. Sud Education participe à cette campagne et soutient cette exigence de refus de Base Elèves.

Pour la fédération SUD EDUCATION
Philippe BARRE
21 février 2008