Décentralisation : les TOS d’abord, tous les autres personnels bientôt !

droits et acquis sociaux attaqués !
vendredi 4 juin 2010

Au premier janvier 2009, l’État s’est débarrassé de 95000 TOS de l’Éducation qui sont dorénavant gérés par les collectivités territoriales.

Dans la foulée, ces dernières développent l’emploi précaire, réduisent ainsi leurs personnels à la portion congrue et instaurent un mode de gestion qui ouvre la voie à la privatisation des services. Les adjoints techniques (ex Tos) ont déjà perdu dans l’opération un certain nombre d’acquis sociaux et leurs droits sont parallèlement réduits.

Les 11 semaines de vacances auxquelles ils avaient droit avant la décentralisation se sont transformées du fait de la loi Aubry en 5 semaines, auxquelles s’ajoutent les RTT d’un horaire annualisé. RTT à géométrie variable d’ailleurs, puisque en cas d’arrêt maladie, ils perdent le droit à récupérer les heures travaillées hebdomadairement en plus des 35 heures légales.

Autre exemple, nos collègues adjoints techniques ont aussi perdu leur droit à mutation. Dorénavant, quand ils veulent changer d’établissement dans la même collectivité ou changer de collectivité, en passant, par exemple, d’un collège à un lycée, d’un département à un autre, d’un département à une région..., ils doivent aller se vendre auprès de la nouvelle collectivité avec CV et lettre de motivation, le tout accompagné ou non de recommandations ! Rien de différent avec ce qui se passe dans le privé ! Embauche à la tête du client, système dans lequel les gestionnaires et chefs d’établissement exercent leurs pouvoirs grandissants en matière d’emploi des personnels (entretiens d’embauche). Ce qui est vrai pour les ouvriers en cas de mobilité l’est déjà pour d’autres catégories de personnels de l’Éducation : les AED, les collègues en contrats aidés, les vacataires qui subissent de plein fouet l’arbitraire des chefs d’établissement.

Les régions ont à charge les adjoints techniques des lycées, les départements ceux des collèges et quasiment depuis toujours les municipalités gèrent les ASEM et ATE dans les écoles. La gestion décentralisée des personnels diversifie les employeurs. Ces derniers font des appels d’offre et passent des marchés avec des entreprises privées auxquelles ils confient les tâches que les agents ne peuvent plus assurer du fait du manque de formations et des suppressions de postes. Dans certains établissements de Paris et d ’Île-de-France, la privatisation des cantines est confiée à Avenance ou à Sodexo par exemple. Des sociétés privées d’entretien électrique, de nettoyage, de chauffage... interviennent également.

Multiplier les employeurs, faire varier les primes d’un employeur à l’autre, diversifier les protocoles d’une collectivité à une autre, donc diviser pour régner, est une vieille tactique patronale pour casser les acquis sociaux et anéantir les droits. Il s’agit d’affaiblir les personnels pour éviter ripostes et mobilisations contre ces contre-réformes, dans cette période de casse du service public, de suppressions massives de postes et de précarisation généralisée.

La diminution du nombre d’ouvriers dans les établissements, le non-remplacement des personnels en arrêt (pas de remplacement pour des absences de moins de trois semaines par la DASCO à Paris), l’embauche de personnels précaires renvoyés au chômage en fin de contrat, sont autant de moyens de préparer la privatisation à grande échelle. La même politique se met en place pour les personnels de l’état. Il y a cohérence dans le mode de gestion des personnels entre les différents employeurs : suppressions de postes dans toutes les catégories de personnels, contractualisation (masterisation pour les enseignants = embauche contractuelle et locale), attaque des statuts et des droits.

L’urgence est à l’organisation de tous les personnels, quel que soit leur employeur, dans un syndicat qui permette de construire des solidarités de terrain et de lutte. L’organisation catégorielle reproduit la division voulue par les employeurs et isole les collègues. C’est parce que nous travaillons ensemble dans les mêmes locaux que nous luttons ensemble. C’est le sens de notre syndicalisme.

Sud éducation Paris

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