Contre le tout-sécuritaire à l’école, non à l’Ecole-prison !

mardi 10 février 2004
mis à jour vendredi 14 janvier 2005

Les récentes initiatives (qui ont débuté dans le département test des Hauts-de-Seine, celui de Sarkozy et de Pasqua), mais qui sont destinées à toucher toute l’Education nationale, telles que l’installation massive et centralisée de la vidéosurveillance et celle de la police à demeure dans les établissements, exigent une clarification et une réaction décidée du personnel éducatif.
Le gouvernement, au nom de la réduction du déficit budgétaire, assène des coupes sombres à l’Education nationale : décentralisation dès janvier prochain du personnel ouvrier ATOSS, réduction massive de postes, des places aux concours et des enseignements, suppression du statut des MI-SE, licenciements des emploi-jeunes...
Pour le pouvoir, il n’y a pas d’argent pour l’éducation, mais il y a des sous à gogo pour caporaliser l’Ecole au nom du “ tout-sécuritaire ” !

Pour SUD-Education sur ce que l’on appelle la “ violence à l’école ”, il y a lieu de distinguer entre :
- Les faits de réelle violence qui sont peu nombreux et très exagérés par les médias et par le pouvoir.
- L’agitation, les comportements a-scolaires qui ont clairement des causes sociales, politiques et aussi des causes scolaires.

Il estime que cette exagération favorise une sarkozysation, voire une lepénisation des esprits (déjà largement mise en marche avant l’arrivée de Sarkozy au ministère) qui accompagne et permet les dérives sécuritaires dans l’école et hors de l’école et, plus largement, la criminalisation des classes populaires.

Pour contrer cette politique, il appelle les personnels :
- à refuser les dispositifs sécuritaires criminalisants tels que vidéosurveillance, contrôles électroniques,
- à s’opposer aux protocoles Ecole-Armée,
- à s’opposer à l’entrée de la police à l’école, à son installation à demeure ou aux rondes de police provocatrices aux abords des établissements scolaires (sauf en cas d’événement très grave) et à la coopération entre police et Education nationale (à travers les Contrats Locaux de Sécurité, les Comités d’éducation santé des citoyens, par l’obligation faite aux éducateurs à devenir des indicateurs de Police...),
- à refuser l’utilisation que veut faire Sarkozy des Conseils d’Administration des collèges pour y introduire ses policiers. Pour SUD-Education la Police ne fait pas partie, en aucune manière, du personnel éducatif. Même si, par des moyens de pression, l’administration obtenait un vote unanime d’un C.A. pour accepter l’introduction de la Police à l’Ecole, ce vote s’opposerait à la seule légalité qui doit exister à l’Ecole : celle de sa mission éducative,
- à s’impliquer dans les luttes qui se déroulent dans les quartiers populaires, qu’elles portent sur l’Ecole ou sur d’autres champs et si elles vont dans le sens d’une émancipation,
- à promouvoir et à aider une réelle prise en compte, dans les établissements scolaires, de la parole, des initiatives et des revendications des élèves.

Tout ceci afin que les personnels de l’Education Nationale apparaissent clairement comme étant du côté des victimes de l’exploitation et de la répression.

Saint Denis, le 10 février 2004

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