Contre l’offensive gouvernementale, désobéissance civique !

Tract pour le 28 septembre élaboré par SUD Education
lundi 18 septembre 2006
mis à jour samedi 8 septembre 2007

Au mépris des promesses qu’il avait faites et en foulant au pied les critères qu’il avait lui-même définis pour leur régularisation, Sarkozy et ses services préfectoraux se sont livrés pendant tout l’été à une traque sans pitié des immigrés et de leurs enfants scolarisés.

Dans le même temps, le Ministre de l’Education, Robien, organise dès la maternelle la chasse aux “ futurs délinquants ”. Il généralise le fichage des élèves et des familles avec la mise en place du fichier "Base-élève". Il instaure dans les collèges la note de vie scolaire, prime à la docilité, à la soumission et au formatage des élèves. Il tente ainsi de faire jouer aux Conseillers d’éducation et aux Professeurs principaux le rôle de collaborateurs de l’administration avec aussi la mise en place des conseils pédagogiques. Il supprime des milliers de postes dans l’éducation nationale en réduisant et en précarisant toujours plus les personnels chargés de l’encadrement des élèves, maillon pourtant indispensable au dialogue et à la sérénité au sein des établissements.

Il accentue sa politique libérale dans l’éducation :
- En supprimant 8700 postes d’enseignants (départs à la retraite et postes vacants, non titulaires, soit un total en 5 ans de 25 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale) ;
- Des milliers d’enseignants précaires - contractuels et vacataires - recrutés souvent depuis plusieurs années sont mis au chômage ; parallèlement, le ministère recrute des personnels de plus en plus précaires dans le 1er degré comme dans le 2nd degré (Emplois Vie Scolaire - EVS - Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi - CAE, etc.) ;
- En offrant une situation toujours plus dégradée pour les nouveaux collègues, notamment les Titulaire sur Zone de Remplacement - TZR - affectés sur des blocs de moyens provisoires - BMP - à cheval sur plusieurs établissements ;
- Une médecine scolaire laminée ;
- Des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté - Rased - surchargés.

Contre une conception rétrograde de l’éducation, défendons le droit à l’Éducation.

- Nous refusons la menace d’expulsion pour les élèves et leur famille sans papiers qui pèse sur plus de 25000 exclus de la régularisation ;
- Nous refusons la destruction amorcée de l’Éducation prioritaire avec les réseaux “ Ambition réussite ” : 249 établissements “ ep1 ” (et une partie des écoles qui leur sont rattachées) pour plus de 1000 établissements classés ZEP (1/3 devrait en sortir) ;
- Nous refusons l’application des mesures Fillon-Robien : socle commun minimaliste, apprentissage junior, retour à peine déguisé de la note de conduite et mise en place d’un fichage inquiétant avec “ base élève ” et “ sconet ” dans le 2nd degré, permanence policière dans les établissements ;
- Nous refusons la suppression annoncée par le ministre candidat Nicolas Sarkozy de de la carte scolaire... de même que son “assouplissement” annoncé par Ségolène Royal !

Pour l’égalité et les droits des personnels, refusons les régressions.

C’est la caporalisation dans le 2nd degré avec le conseil pédagogique à l’anglaise et dans le 1er degré le recrutement et subordination des Emplois Vie Scolaire - EVS - par les directeurs. Des projets inquiétants de réductions des horaires et des pondérations dans le 2nd degré, et une réforme des statuts qu’on hésite à sortir des cartons une année d’élection !

Au lieu de la mise en place d’un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) de la Fonction Publique, exigeons le réemploi et la titularisation immédiate et sans condition des précaires !

Contre la phase terminale de la décentralisation des personnels TOS (Technicien Ouvrier et de Service), imposée, continuons à exiger la réversibilité de la Loi !

Nous sommes sans illusion sur les grèves de 24h aux relents pré électoralistes, cependant le 28 septembre prochain doit être l’occasion de débattre en Assemblée générale, avec les personnels mobilisés, des suites à donner au mouvement, de prendre contact avec les travailleurs et leurs organisations ainsi qu’avec la jeunesse lycéenne et étudiante. En effet, que ce soit à l’occasion des mobilisations contre le Contrat Première Embauche - CPE - ou pour la défense des « sans papiers » et de leurs enfants pourchassés par le pouvoir, l’expérience montre que seule la lutte unitaire est à même de faire reculer un gouvernement tout entier au service du patronat.

SUD Education est toujours exclu des intersyndicales nationales, le syndicat majoritaire privilégiant l’alliance avec certaines organisations qui pourtant soutiennent les réformes gouvernementales. Néanmoins Sud Education appelle l’ensemble des travailleurs de l’Éducation et de la Recherche à se mettre en grève et à se rencontrer en assemblée générale sur leur lieu de travail pour se préparer à descendre massivement dans la rue le 28 septembre 2006 et à organiser la résistance.

Saisissons cette occasion pour faire entendre notre colère et nos revendications :

- Contre les tentatives de mise au pas des enseignants et des élèves
- Contre la criminalisation de l’action syndicale et contre la répression du mouvement social
- Contre la chasse aux immigrés et à leurs enfants
- Contre la dégradation des conditions de travail et des rémunérations, contre la précarisation et la remise en cause des statuts (cf. rapport Jacob)
- Pour la défense de l’Ecole publique et laïque

SUD Education exige le retrait de “base-élève”, de toutes les mesures Fillon-Robien, de la loi d’égalité des chances et du projet de loi sur la prévention de la délinquance.

Documents joints

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